À la maison, les conserves se donnent.


Dossiers de Cuisine Populaire / mercredi, février 6th, 2019
 Ma Grand-Mère m’a donné des conserves. Le goût de la famille en conserve. Un sourire payé de gourmandise. 
 » Chaque fois que je vais la voir, ma grand-mère trouve le moyen de me donner des conserves ». C’est Paul, étudiant de 23 ans qui parle. Sa grand-mère, qui habite en ville et qui entretien un jardin potager, lui offre à chacune de ses visites, des pots de haricots verts, de coulis de tomates et de ratatouille. Il ajoute, qu’elle « pense que je ne prends pas le temps de me faire à manger et que c’est bien d’avoir quelques conserves de la maison, pour améliorer mon quotidien ». Il utilise ces conserves comme une solution, une aide de cuisine, surtout quand il partage un repas avec des amis. À la question, est ce que ces conserves sont juste à manger ou ont elles une autre valeur ? Il précise « ben non, c’est de chez moi, ce que j’ai toujours manger en vacances chez ma grand-mère, les légumes du jardin ». Ces conserves familiales, parfois inconsciemment, représente bien plus que de la nourriture, et qu’une simple aide à l’absence de temps ou de technicité en cuisine. Elles sont porteuses aussi d’une forte valeur travail, car pour les réaliser, il faut cultiver, élever ou choisir précisément à qui on achète la matière première. Elles demandent du temps de préparation et de stérilisation et mobilisent argent, connaissance et savoir-faire. En annonçant c’est ma grand-mère ou ma mère qui ont fait ces conserves, il est donné à entendre, l’intime et le profondément domestique de la maison familiale, mais aussi le goût de la maisonnée, sa compétence à cuisiner pour l’avenir, et une certaine réussite et place sociale en montrant son travail, son unité et sa stabilité. L’ensemble de ces valeurs sont confortées par la technique de la stérilisation en pots de verre ou pour le Sud-Ouest en boîte métal, car celle-ci par sa stabilité permet d’arrêter dans une certaine mesure le temps tout en « enfermant » toute l’efficacité culturelle de la famille. Offrir des conserves c’est donner ce que nous sommes, ce que nous mangeons et produisons.
Ce sujet est traité dans les chapitre « Les dons servent » p.p. 33 à 39 et « Extraits choisis des entretiens » p.p. 39 à 55. de« l’Etude sur l’imaginaire des produits en conserve » disponible dans son intégralité en pdf sur le site de l’Observatoire des Cuisines Populaires.  Etude réalisée par Eric Roux pour « La Conserve » (UPPIA), co-financée par FranceAgriMer.
 » Le plein de conserves familiales. »
 » Pot de tomates entières pelées prêtes à être operculées. »

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