Métissage et créolisation

Naviguer c’est goûter aux cuisine du monde !

 

IMG_2130Je suis pilote maritime de Seine. Mon métier est de guider les navires en toute sécurité depuis la mer jusqu’à leurs quais de destination,  à Honfleur ou à Rouen. Ou inversement de les guider du quai vers le large. Nous sommes des voituriers de la mer, mais avec des véhicules qui mesure de 55 à 290m de long c’est-à-dire jusqu’à 50.000 tonnes de cargaisons (pour vous donner un ordre d’idée, cela représente 1000 camions sur la route). Cela fait 10 ans que je fais ce métier et il faut avoir au moins navigué 10 ans au long court avant de postuler comme pilote.

 

IMG_2132A bord le capitaine nous laisse la main,  même s’il reste bien sûr responsable de son navire. Comme il ne connait pas forcément les spécificités du lieu de débarquement, ma mission est de lui apporter mon expertise lors de la manœuvre.

La vie à bord est passionnante. Quand les smartphones sont apparus, je me suis rendu compte que je pouvais

CrownTopaz2garder des souvenirs de certains moments en prenant des photos. Au début j’ai  pris des photos de cheminées de bateaux.  Elles sont pleines de couleurs, de logos de compagnies maritimes. Je dois en avoir plus de 400 ! Mais les cheminées ça s’épuisent, les bateaux reviennent et je me suis rendu compte que d’autres faisaient la même chose. Je me suis alors intéressé aux photos qui témoignent de la vie sur la passerelle : les plantes vertes, les grigis, tout ce qui exprime l’appropriation par les Hommes de leur espace industriel. On oublie souvent que les marins vivent sur leur lieu de travail, qu’ils y passent une partie de leur vie et que l’ambiance y est très particulière.

Il était donc normal que je réoriente mon regard en prenant des photos des plats servis sur ces bateaux.  Ces plats qui font le quotidien des marins et qui viennent du monde entier.

En tant qu’officier, quand nous montons sur un bateau, l’équipage est tenu de nous offrir un repas. Car notre présence est assez longue, ça représente donc une réelle tranche de vie à bord.

Avec mon smartphone il était presque logique que je me mette à photographier ces repas. Sur les cargos il y a en général un chef cuisinier, quoique sur les moins de 80 mètres, c’est en général un membre de l’équipage qui cuisine. Je voyage sans réellement quitter le port, et voyager c’est aussi goutter la cuisine quotidienne de l’autre.

Il m’a paru intéressant de proposer à l’OCPop, toutes les semaines et dans la mesure du possible, de prêter mon regard sur ces cuisines qui entre en Seine.

 

Septembre 2013 : le NARCEA

Repas_NarceaNous sommes en septembre 2013. Je navigue sur le NARCEA, un Chimiquier d’à peu près 100 m de long et qui s’exécute sous le drapeau de Madère. Je dois guider ce cargo de la mer jusqu’à Port-Jérôme, un peu après le pont de Tancarville. A bord, l’équipage est d’origine philippine. Les officiers sont turcs et portugais.

Après une manœuvre d’appareillage particulièrement apprécié par le commandant de bord, l’un des lieutenants demande s’il est nécessaire de me faire monter une assiette pour le déjeuner. Le commandement l’engueule sans ménagement et lui explique que je mérite non pas une assiette mais un repas complet avec une entrée, une soupe, un plat et un dessert (3 assiettes et un bol). Moi je suis un peu gêné par la situation. Finalement le chef cuisiner arrive avec un matelot pour me servir un beau plateau.

 

Février 2014 : le SLOMAN THETIS

slomentetis1Slomentetis2Le Sloman Thetis est un pétrolier lourd de 170 m de long et de 28 m de large. Il navigue sous pavillon marshallais (îles Marshall). J’ai pris en charge le navire de nuit en aval d’Honfleur.

 

Pizza et viande… extra cuite !!! (On dirait une semelle)

 

 

Février 2014 : Le Crown Topaz

CrownTopaz1Le Crown Topaz est un  porte conteneur de 152 m de long sur 23 m de large. Il navigue sous pavillon panaméen. L’ambiance est très sympa notamment grâce à un équipage très sympa venu de Saint Pétersbourg.

 

 

 

Crown2Au menu sur ce cargo, une soupe de choux, carottes, poivrons, paprika et herbes avec du pain au graine. Ensuite du thon avec un mélange de pates et de légumes frais.

Un régal… mais il manquait tout de même une boisson !!

 

 

 

Mars : à bord du Calamar !

Le Calamar est un petit chimiquier de 88m de long. A bord, un équipage russe.

Avec un tel nom de cargo, j’étais vraiment impatient de passer à table… Je n’ai pas été déçu…

Calamar1Je n’ai pas eu de calamars, mais une assiette de pâtes Assiette de pâtes vraiment trop cuites avec des boulettes de viandes. Ensuite un bol de crudités vraiment pas top…

Bon, je cherche à boire pour me rincer un peu la bouche

Je me sers un mug de lait que j’avale d’un trait sans faire attention, absorbé par mon pilotage. Il s’agit de lait concentré… indigeste !

Bon vous l’aurez compris, ce n’est pas tous les jours la fête des papilles sur un cargo ! C’est vraiment la roulette russe.

 

A bord du ANASTASIA K

AnastasiaK1L’Anastasia K est un cargo sur lequel j’ai navigué avec à bord, un état-major russe et un équipage philippin. Il navigue sous pavillon des Bahamas.

Au menu, une très bonne soupe de légumes avec choux fleurs et tomates aux herbes. De la bonne limande frit avec des pommes de terre à l’eau et une délicieuse ratatouille froide. Le pain, fabriqué à bord, était vraiment excellent.

AnastasiaK2Très bon repas ! D’ailleurs, l’équipage a bien vu ma réaction quand l’un d’entre eux a voulu retirer mon assiette alors que je n’avais pas tout à fait fini.

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