Archives de l’auteur : Mireille Dufau

Comment manger des fruits et légumes sans se ruiner ?

pexels-photo-375896 (1) » C’est bien joli de nous dire qu’il faut manger des fruits et des légumes à tous les repas mais c’est cher, ils ne se conservent pas, les enfants et mon mari ne les aiment pas. En plus il faut du temps pour les cuisiner et au final, j’en jette la moitié à la poubelle… » Pas facile de motiver les personnes réticentes à manger des légumes. Leur vécu, leur ressentis, voire leur aversion les empêchent de modifier leur comportement.

Le marché : un lieu privilégié

Certains de leurs arguments sont fondés : Oui les fruits et légumes peuvent paraître chers. Mais ils ne sont pas chers partout.

Les marchés sont le lieu idéal pour acheter des fruits et légumes frais, de saison, cultivés localement. Les fins de marchés sont propices aux bonnes affaires quand on entretient de bonnes relations avec le maraîcher. Le panier reste le meilleur outil d’économie : « je n’achète que ce que je peux porter ».

Quand on privilégie les produits de saison, que l’on se déplace chez des producteurs, le prix au kilo baisse de manière très avantageuse pour le consommateur. Les producteurs mettent en vente également à moindre coût les « gueules cassées ou abîmées » de leur production qui n’en sont pas moins mangeables.

 Les conserves : praticité et bas coût

Aller chez un producteur et acheter en grande quantité peut permettre également de faire des conserves. Il n’y a pas que nos mamies qui en font… Même dans un appartement grâce à un autocuiseur, il est possible de faire des bocaux. Avec 5 kg de fraises, il est facile de faire une belle tarte, des confitures, du sirop… il existe différentes façons de conserver les fruits et les légumes. Pour les « chercheurs de temps et de facilité », il est facile de trouver des fruits et légumes déjà préparés en conserves. Là, tout un panel existe dans les rayons des supermarchés, c’est la préparation la plus rapide. Une grande diversité de légumes et de fruits existe et permet là encore de diversifier ses préparations. Le prix au kilo reste très abordable pour l’ensemble des produits.

Profiter de ce que la nature nous offre

Une autre possibilité afin de consommer des fruits et des légumes moins chers, c’est de les cultiver. Un petit carré de jardin peut produire beaucoup. Bien sur tout le monde n’a pas de jardins, mais il est possible de louer un terrain dans le cadre des « jardins solidaires » ou des « jardins partagés ». En appartement, il est également agréable de planter dans des jardinières des tomates, des salades, des fines herbes… et d’avoir un citronnier en pot par exemple. Pour ceux qui vivent près de la nature, le glanage est aussi une manière de se procurer des fruits et légumes à moindre coût. La nature offre à la personne qui sait être attentive beaucoup de produits : champignons, châtaignes, mûres, fleurs… mais une règle d’or existe…Ne cueillir que ce que l’on peut consommer. Ici pas de concours du plus gros panier…

Les surgelés : la meilleure façon d’éviter le gaspillage

Oui, les produits frais sont fragiles, ils s’abîment plus facilement, mais on peut consommer des fruits et légumes autrement. En effet, on en trouve sous forme surgelés… qui sont portionnables et utilisables selon son bon vouloir. De ce fait, il n’y a pas ou moins de gaspillage. De plus, sous cette forme, les fruits et légumes sont nettement moins chers car le prix au kilo correspond plus à la réelle quantité de produits achetés : on trouve 1kg de têtes de chou-fleur dans un sachet. On peut de plus, les utiliser de multiples manières : soupes, purée, en accompagnement, gratins… Bien sûr il est préférable d’acheter des produits simples plutôt que des mélanges déjà préparés car cela permet ensuite de les utiliser comme bon nous semble et de maîtriser les quantités souhaitées. En achetant 1 kilo d’oignons coupés, vous pouvez au choix faire une flammenkuche, une soupe à l’oignon, ou prendre juste la quantité suffisante pour apprêter un plat. Un autre élément pour maitriser son budget est de préférer les produits à l’unité plutôt que les lots. En effet, ces derniers semblent de prime abord moins onéreux mais bien souvent ils génèrent du gaspillage. Et c’est ce coût-là qui est très important.

 

MireilleDufauANDESPar Mireille Dufau. Mieux connaître Mireille

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger :

Légumes_SansSe_Ruiner_MDufau_OCPop

Mignonne, allons voir si la rose… se mange

fleur

Les fleurs ont toujours été utilisées dans la cuisine. Elles permettent de décorer les plats, bien sûr quand elles sont fraîches, odorantes et fermes. L’utilisation dans les préparations culinaires de ces fleurs est moins connue. Gelée, infusion, macérât sont multiples.

Les plus communes sont bien sûr la rose ou la capucine. Mais il existe des fleurs plus discrètes comme le lilas, la pâquerette, la fleur de pissenlit, de jacinthe, le trèfle…

 

Loin d’être une pratique intimiste, les échanges sur la toile montrent un développement de l’utilisation des fleurs dans la cuisine et la transmission d’un savoir faire.

De plus en plus de fleurs sont utilisées comme le lilas, la fleur de sureau ou le trèfle pour faire des gelés.

Mais toutes les fleurs sont-elles bonnes à manger? Faut-il avoir des connaissances botaniques pour utiliser au mieux toutes ces fleurs? Demandent-elles une technique particulière de préparation de cuisson?

Manger des fleurs reste encore un acte alimentaire particulier, il demande une forme d’initiation à la dégustation afin de goûter la fleur comme on peut le faire pour un vin ou un chocolat. Ce sont des saveurs à découvrir, à acquérir, à apprendre à savourer, à mélanger.

Au delà des saveurs, l’acte de manger des fleurs demande de changer de point de vue, de paradigme. Revenir à des usages un peu oubliés, maîtrisés par une poignée de personnes qui se transmettent ce savoir faire ou de grands cuisiniers qui les mettent à l’honneur. Manger des fleurs demande également d’être en contact direct avec ces fleurs car elles ne sont pas « vendues ». Elles doivent être cueillies et presque cuisinées sur place. Cela demande donc de s’adapter aux rythmes des saisons, des floraisons.

La cuisine des fleurs est « hors temps », elle est intimement liée à la floraison de ces dernières, fugace, dépendante du climat, incertaine en quantité et en qualité. Cuisiner avec des fleurs c’est « être avec son temps » dans tous les sens du terme. L’instant présent de la fleur bien sûr, du cuisinier, et de la personne qui va la déguster en se dégageant de ses idées préconçues pour se recentrer sur son acte de manger.

Remettre du sens à son alimentation est une évidence :

« Puisqu’une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir ! »

 

MireilleDufauANDESPar Mireille Dufau. Mieux connaître Mireille

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger :

Mignonne allons voir si la rose se mange_MDufau_OCPOP

Il court, il court…

 

Latempsmd vie de milliers de personnes s’accélère. Les sollicitations se font de plus en plus pressantes, de plus en plus nombreuses. L’alimentation quotidienne n’échappe pas à ce principe. Les repas doivent se faire plus rapidement. Ils doivent être pris le plus vite possible afin de rentabiliser les temps disponibles.

 

 

À part pour une certaine catégorie de personnes, faire ses courses ne se fait plus en totalité sur les marchés ou aux supermarchés mais de plus en plus sur des sites en ligne des grandes enseignes ou des sites de ventes coopératifs, alternatifs. Ainsi, les achats de produits frais, de surgelés, de produits secs sont choisis en moins d’une heure sans bouger de son canapé, entre deux rendez-vous, à n’importe quelle heure. Toutes les contraintes sont effacées.

Malgré le développement d’une nouvelle consommation plus attentive à l’origine des aliments, cette dernière ne parvient pas à se hisser à la hauteur de cet arsenal de moyens destinés à consommer plus vite. Les grandes surfaces se sont engouffrées dans ce nouvel eldorado consumériste, suivies de près par les sites de ventes alternatifs. Toutes ces enseignes nous promettent des produits de meilleures qualités car non palpées par des milliers de mains… du producteur au consommateur, sans intermédiaires…. en un clic vous êtes livrés, éco-responsable car local.

Cet accès en ligne tend à modifier l’acte même de se nourrir. Le choix des aliments se fait sur image, au mieux sur photos. Ici, le packaging, le marketing et la publicité voient une nouvelle zone commerciale à conquérir. Le visuel de l’aliment est primordial. Le choix ne se fait pas sur la réalité même de l’aliment, sa qualité, sa taille, sa fraîcheur, son origine mais sur l’idée que l’on peut se faire de cet aliment, sur la mémoire que l’on s’est construit à partir des images reçues sur les prospectus, sur les écrans. La tomate est présentée rouge vif, brillante, charnue… elle est présente quelque soit la saison. La salade sous vide aura le même goût quoi qu’il arrive. On ne regarde pas l’étiquette pour connaître la composition d’un aliment ou pour chasser les additifs. On ne soupèse pas le produit pour évaluer sa densité, sa qualité, on fait confiance à l’image. Impossible de sentir le melon, la pêche pour appréhender sa maturité. L’œil devient le seul sens évaluateur de la qualité de l’aliment. Les chartes de couleurs, les codes visuels sont ici primordiaux, ils doivent remplir leur effet à grande vitesse. La qualité des aliments sera vérifiée au mieux au moment de la réception des aliments sur site, au plus tard au domicile ou voire même au moment de la préparation du repas.

Aujourd’hui, le plus important est que la contrainte temps des achats pour se nourrir tous les jours soit la moins longue possible. Certains sites de ventes en ligne proposent des rencontres avec les producteurs afin de favoriser le rapprochement avec les consommateurs au moment de la réception des aliments. La confiance dans la qualité de l’aliment est ainsi plus importante car les consommateurs voient les aliments en direct et peuvent construire leur imaginaire à partir d’un vécu. Mais ici, le temps est un peu plus ralenti que dans un « drive » de supermarché.

Flâner sur un marché deviendrait presque un luxe que l’on ne s’accorde que pour certains évènements ou périodes, malgré les envies de retour à une consommation plus responsable…

 

MireilleDufauANDESPar Mireille Dufau. Mieux connaître Mireille

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger :

Ilcourtilcourt_MDufau_OCPop

Quand on pense cuisine populaire…

healthy eating, cooking, vegetarian food, dieting and people concept -close up of woman with blender making fruit shake r at home

Quand on pense cuisine populaire, des images d’Epinal se mettent en place : un vieux fourneau, une mamie les mains dans la farine, de beaux fruits et légumes, une belle pièce de viande et le temps…. Ce temps symbole de plaisir, d’attention, de confection parfaite et succulente.

Rarement on associe cuisine populaire et innovation technologique.

Et pourtant, durant le XXème et ce XXIème siècle, la cuisine, qu’elle soit grande, populaire, de rue ou gastronomique a bénéficié des avancées technologiques : cuisson à la vapeur, introduction du micro-ondes, des robots multitâches et hyperbranchés, cuisine dite « moléculaire », réinvention de la cuisine primitive par le biais des nouveaux barbecue, etc.

Technologie introduite par les restaurateurs innovants mais qui très vite a su séduire les ménagères de plus de 50 ans, du dimanche, de tous les jours.

La cuisine populaire est ainsi devenue indissociable de grandes marques industrielles telles que Seb, Moulinex, Tefal, Tupperware.

Quelle femme ne s’est pas vu offrir une fois à l’occasion de la fête des mères un appareil culinaire destiné à lui simplifier sa vie de femme au foyer ?

Ainsi, les placards des familles se sont emplis de gaufrier, saucier, sorbetière, mixeur en tout genre.

Autant d’appareils destinés à cuisiner plus rapidement et plus aisément tout en gardant le goût de l’authentique.

Et voilà, faire plus vite, plus facilement et revendiquer les saveurs du mijotage de mamie…

C’est à cela que prétendent les nouveaux appareils hyper technologiques comme le « Thermomix » ou le « Cook’in ».

Avoir tous les plaisirs d’un riz au lait crémeux à souhait sans les inconvénients du temps passé à tourner la cuillère et à récurer la casserole !

Et au final, avoir le plaisir de dire : « C’est moi qui l’ait fait » à sa famille, à ses amis.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : FAIRE PLAISIR, partager et être fier de ses créations culinaires !

Ainsi sur les différents blogs, sites, twittos, pint, la cuisine populaire n’a jamais été autant mise en valeur et véhiculée sur le net. Chacun échange sa recette de mousse au chocolat, de pâte à tarte ou de rillettes. On teste, on ajoute une variante et on « poste » pour ajouter son point de vue et donner son avis. Du grand cuisinier à la cuisinière du dimanche, avec les mets les plus onéreux ou de la cuisine vite fait et pas chère, chacun peut donner sa recette et se nourrir de l’expérience de l’autre. Chaque partage nourrit et enrichit la cuisine populaire.

Entre tradition et modernité, la cuisine populaire ne choisit pas, elle s’enrichit.

MireilleDufauANDESPar Mireille Dufau. Mieux connaître Mireille.

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger : QuandOnPenseCuisinePopulaire_MDufau_OCPop

COP21, alimentation et cuisine populaire

La COP21 qui s’est déroulée à Paris nous promet de mettre en place des mesures contre le réchauffement climatique. Les principaux dirigeants planétaires négocient des accords qui auront des répercussions à plus ou moins long terme. En attendant ces grandes réformes, chacun peut, à sa porter, mener des actions.

Dans la consommation globale des ménages, l’alimentation représente le premier poste émetteur de gaz à effet de serre (principale cause du réchauffement). A elle seule l’agriculture est responsable d’un quart des émissions. Mais il ne faut pas omettre l’élevage, l’utilisation des engrais et autres pesticides, les émissions de l’industrie agro-alimentaire, de la distribution et du stockage jusqu’aux placards familiaux. Ainsi, notre mode de consommation alimentaire a un impact direct sur le climat. En modifiant nos habitudes alimentaires, nos habitudes de consommation, chacun d’entre nous peut être un acteur de changement.

Changer oui, mais comment ?

L’agroécologie n’apparait plus comme une solution pour illuminés mais comme une solution compétitive à l’agriculture conventionnelle. Une véritable réflexion autour de l’alimentation durable se met en place petit à petit et vise à partager les ressources.

On voit également l’émergence des mouvements de « Slow Meat » ou de « Slow Food » dans les pays riches.

BouillonDes associations luttent contre le gaspillage alimentaire et pour une alimentation des plus démunies de qualité à l’instar d’A.N.D.E.S.
De grands chefs promeuvent les produits locaux et diminuent leurs plats carnés et revisitent la cuisine populaire.

clémentinesLa cuisine populaire a montré depuis longtemps son attachement aux produits locaux, de saisons, aux pratiques écologiquement valorisantes (optimisation de l’ensemble des aliments, utilisation des restes, maitrise de
quantités et de la qualité…), en rapprochant les différents acteurs de l’alimentation (achat auprès des producteurs locaux, des groupements bio, promotions des marchés…) et surtout en transmettant des pratiques ancestrales par la convivialité, la simplicité et l’humour.

Cette cuisine populaire que certains voudraient reléguer aux placards, ou ringardiser est bien au cœur de la réflexion mondiale actuelle, au cœur de l’actualité.

Alors tous à vos « manuel de cuisine populaire » !

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger : COP21AlimentationEtCuisinePop_MDufau_OCPop

MireilleDufauANDESPar Mireille Dufau. Mieux connaître Mireille

 

 

 

10 conseils d’économie culinaire

Conseillère en Economie Sociale et Familiale (CESF), Mireille Dufau a travaillé dix ans en Conseil Général, puis a testé ses compétences au travers d’une disponibilité dans le commerce, auprès des personnes âgées et de l’animation des assistantes maternelles. Elle a intégré le réseau des épiceries solidaires (A.N.D.E.S) en tant qu’animatrice réseau pour les épiceries de la région Centre. Nous lui avons demandé, compte tenu de son expérience en économie familiale, s’il était possible d’essayer de suivre un certain nombre de conseils pour «dépenser moins et manger mieux»?

Ses dix propositions :

 1. Il faut apprendre à faire et essayer de se tenir à des listes d’achat pour manger mieux et pour moins dépenser. Il faut prévoir ce que l’on va acheter. Cela permet d’éviter un comportement compulsif et de fonctionner seulement par envie. Car il faut raisonner son alimentation et se demander : «qu’est ce que je vais manger sur plusieurs jours?». Dépenser moins pour son alimentation, c’est éviter les choix à la dernière minute. Faire une liste, c’est se poser et ne pas être dans la précipitation.

 Economie_culinaire2_MDUFAU2. Favoriser les aliments simples et de base, tel que, farine, sucre, huile, concentré de tomate, chocolat noir, semoule, œufs, riz, que l’on va pouvoir combiner dans ses idées de cuisine et ainsi démultiplier sa capacité à cuisiner. Avoir à disposition dans ses placards ces aliments de base, nous permet de faire des préparations toujours renouvelables, qui peuvent être aussi des bases de recettes à agrémenter, comme des crêpes, des gâteaux tous simple style quatre-quarts ou gâteau au yaourt, des quiches. Du coup nous dépensons moins, car acheter un paquet de farine coûtera toujours moins que d’acheter des pâtes brisées toutes prêtes. Le but est d’éviter le produit d’une seule fois. Une douzaine d’œufs et un kilo de farine, c’est la promesse de crêpes, de quiches, de beignets et bien d’autres plats.

 3. Il faut bien sûr chercher à favoriser l’achat de produits bruts. Les transformer à la maison, c’est leur ajouter la valeur de votre travail à la maison. Légumes bruts,  morceaux de viande qui permettront de faire une cuisine de restes pleine d’imagination, sont les ingrédients nécessaires à une meilleure économie.

 4. Il faut bien sûr favoriser les aliments de saison pour retrouver de la variété dans cette saisonnalité. Mais cette notion de saisonnalité est parfois compliquée à appréhender, car pour trouver du moins cher, ce n’est pas forcément la saison que le commerce et la distribution proposent, mais bien celle de la nature là où vous habitez qu’il faut suivre. Par exemple, une tomate de saison dans le centre de la France est pleine de goût et moins chère plutôt au mois de septembre qu’au mois de mai.

 5. Il est certainement aussi intéressant de se rapprocher de petits producteurs locaux et à plusieurs familles d’essayer de mutualiser ses achats. Auprès d’un agriculteur ou même d’un boucher, acheter une caissette et la répartir est une solution peut-être pas évidente à mettre en place mais très efficace. De même, cela permet souvent d’acheter de meilleurs produits, dans manger moins parce que meilleur en goût, d’arriver plus vite à satiété donc de dépenser moins.

 Economie_culinaire3_MDUFAU6. Réapprendre des techniques simples de bases de cuisine qui vont par définition coûter moins cher. C’est bien le sujet du Manuel de Cuisine Populaire de l’Association Nationale des Epiceries Solidaires. Maîtriser la technique d’une cuisine simple libère aussi l’imagination de chacun.

 7. Bien évidemment il nécessaire de réapprendre à faire une cuisine de reste, une cuisine gigogne. Un plat préparé en quantité suffisante permet de réaliser de nouveaux plats  totalement différents. Cette cuisine de restes est indispensable pour mieux manger et dépenser moins. C’est aussi une lutte contre le gaspillage. Là aussi c’est une manière d’exercer sa liberté d’imaginer.

 8. Il faut le répéter à chaque fois mais regardez et lisez les étiquettes des préparations que vous achetez. Elles nous enseignent deux choses indispensables : le prix au kilo ou au litre, seul valeur permettant de comparer, et quel ingrédient est majoritairement utilisé dans la composition du produit. Acheter une saucisse où l’eau et le gras sont en tête des ingrédients n’est ni économique ni très bon. Nous l’avons dit 100 fois mais c’est indispensable.

9. Chercher des petits producteurs, maraichers, petits bouchers sur des marchés de proximité peut être aussi une solution d’économie. Moins d’intermédiaires entre la production et le consommateur réduit souvent les marges et le prix final. Et ne pas oublier de parler avec les fournisseurs, qui peuvent expliquer comment utiliser tels ou tels produits et de réapprendre qu’il n’y a pas que du beefsteak pour le bœuf.

Economie_culinaire_MDUFAU10. Enfin pour terminer, favoriser le rangement et la bonne gestion des produits pour jouer sur notre capacité à imaginer. Ne pas enterrer les produits au fond du placard. Posséder un petit congélateur, et gérer le classement des produits dans les placards pour les rendre facilement trouvables et utilisables. De même posséder quelques matériels servant d’aide culinaire, comme cuit-vapeur ou autocuiseur, permettent de faire une cuisine de base facile, rapide, pratique, certainement moins cher et meilleure.

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger : 10ConseilsD’économieCulinaire_MDufau_OCPop

MireilleDufauANDESPar Mireille Dufau. Mieux connaître Mireille.

Plaisir et partage des ateliers cuisine

MarmiteLa Compagnie des Gourmands, cet atelier mis en place dans les épiceries solidaires du réseau A.N.D.E.S. Depuis 2008 sous l’égide de FERRERO, rassemble des parents et leurs enfants autour d’un atelier cuisine.

Mais ce dernier n’est pas un banal atelier cuisine, c’est une suite de 8 ateliers au cours desquels une histoire s’amorce. Cela consiste non pas à faire un plat ensemble, mais à « être » parents et enfants à l’origine d’un plat.  De le créer avec leurs envies, leurs connaissances, leurs interrogations, leurs savoir-faire, leurs complicités. Pas forcément de recette pré-établie au départ, plutôt  un ingrédient,  la pomme, le chocolat, la poire, la banane, le riz… et cette question : qu’est-ce que l’on pourrait faire avec ensemble?

Durant le premier atelier, les peurs et les doutes font surface : « Je ne sais pas cuisiner, je n’ai pas de connaissance, mon fils est hyper actif, il ne tiendra pas 5 minutes… »

Très vite l’animatrice de l’atelier demande : « Avec du chocolat on peut faire ?… Un gâteau ! » La réponse fuse aussi vite que l’éclair. Et voilà la compagnie sur le chemin de la confection d’un gâteau au chocolat sur le mode gâteau au yaourt.

La gourmandise et le plaisir de faire et de manger ensemble, voilà ce qui préside à ce premier atelier. Les doigts se mélangent dans la jatte pour goûter à la pâte : « Mumm c’est bon ! » Avant, tout le monde a croqué dans le chocolat, a fait glisser la farine entre ses doigts parce que c’est tout doux, a osé goûter l’œuf cru.

Pendant que le gâteau gonfle sous la chaleur du four, on se questionne de nouveau : « qu’est-ce que l’on pourrait faire avec les fruits ? Une salade de fruits ? » Pas beaucoup d’enthousiasme du côté des enfants. « Des brochettes de  fruits ?  Ah, ouais ! C’est mieux. »

Et voilà, que tout le monde s’y met. « Maman, je la pèle comment la pomme ? » … « Non, non c’est moi qui vais le faire, le couteau c’est dangereux ! »

Enfants cuisine« Montrer lui comment faire ! » dit l’animatrice de l’atelier qui veille à la bonne organisation de ce moment. « C’est vrai, mais à la maison je le fais, cela va plus vite. Tiens regarde, essaye, mais fais attention hein ! C’est bien, tu vas vite toi, et tu fais un ruban avec la peau, c’est rigolo. »

Une autre maman regarde avec étonnement et admiration son fils que tout le monde dit hyper actif et ne s’intéressant à rien. Cela fait 10 bonnes minutes qu’il coupe consciencieusement des tranches de bananes toutes régulières et qui déclame qu’il faut faire attention à bien les faire épaisses pour ne pas qu’elles se cassent ! « Il est rigoureux et concentré votre fils » dit l’animatrice, qui ne manque pas une occasion pour revaloriser tous les participants.

La fin de l’atelier arrive,  le plaisir des papilles est là, mais il y a aussi de la fierté dans les regards que se lancent les participants. Chacun goûte aux préparations et exprime ce qu’il ressent lors de la dégustation. On apprend de nouveaux mots (« croquant », « onctueux », « sucré », « fondant », « juteux »…) qui permettent à chacun d’exprimer plus précisément ce qu’il ressent en mangeant. « C’est bon les brochettes de fruits, mais je n’aime pas le fruit vert au milieu, il a plein de grains, ça fait bizarre dans la boucheOn pourra en refaire à la maison sans ce fruit-là ? »

Un moment de partage où chacun, parent et enfant, a le droit à la parole, où on se raconte, où les souvenirs et les projections se parlent.

C’est un petit moment où chacun a appris de l’autre, où chacun s’est révélé à l’autre. Ils savent qu’ils pourront le revivre à la maison. Mais en attendant, la séance prochaine on revient  pour se découvrir de nouveaux talents!

Contenus libres de droits. PDF à télécharger: PlaisirEtPartageDesAteliersCuisine_MDufau_OCPop

MireilleDufauANDESPar Mireille Dufau. Mieux connaître Mireille. 

La cuisine populaire au service de l’art ou l’art au service de la cuisine populaire ?

Et si on mettait un peu d’art dans la cuisine populaire ?

Une jeune photographe Stéphanie Lacombe a photographié des dizaines de familles lors de leur diner. Un regard intimiste, bienveillant, qui nous parle du quotidien. Moment ou toute la famille se retrouve, ou les relations transparaissent.

Elle nous parle des habitudes alimentaires des Français, de ce qu’ils mangent bien sûr mais aussi de comment ils cuisinent, des produits qu’ils consomment, de leur éducation alimentaire. Au travers de la photographie de leur cadre de vie, cette artiste transpose avec beaucoup de justesse  la réalité de dizaines de Français.

La table de l'ordinaire « Ma photographie observe l’ordinaire pour faire ressortir l’extraordinaire d’un instant banal. Je n’oriente pas mon travail sur la nourriture mais plutôt sur le comportement à table de nos concitoyens, chez eux, dans leur intimité. La société de consommation conditionne et inculque un goût de l’uniformité, tout est standardisé et labellisé : de la voiture à la purée lyophilisée, de notre salon à nos habits de marques. Du repas chez soi qui semble banal parce qu’il est répété trois fois par jour tous, (on dîne à la même place, même heure, même assiette) naît un instant unique. En brisant l’anonymat, en ouvrant de nouvelles lucarnes sur l’intimité, agrégat de solitudes, de démons et de beauté, comment raconter la vie ordinaire des habitants, en donnant à voir la matière unique des êtres ? Ces images dévoilent la manière dont nous vivons dans notre sphère intime et familiale dans un pays ou le repas à table est encore sacré. »

Immortaliser des moments simples,  des instants de vie pour mieux nous restituer ce qui appartient à notre culture, à celle des autres. Les différences s’additionnent, se mêlent pour créer une culture populaire.

Ici, la photographie rencontre la cuisine populaire et la met à l’honneur. Pour découvrir les photos de Stéphanie Lacombe, cliquez ici

Contenus libres de droits. PDF à télécharger: Art&CuisinePopulaire_MDufau_OCPop

MireilleDufauANDESPar Mireille Dufau. Mieux connaître Mireille.

 

 

 

Une soirée ordinaire dans une famille mono parentale

 

MireilleDufauANDESMireille Dufau est conseillère en économie sociale et familiale. Spécialiste de l’action socio-éducative, elle travaille aujourd’hui comme animatrice réseau pour l’Association Nationale des Epiceries Solidaires (ANDES). Ses chroniques sont le miroir de son travail sur le terrain auprès de familles en situation de précarité.

 

 

19H30, à peine entrée sur le pas de la porte après une journée de travail éreintante, un bisou sur chaque joue et … «On mange quoi ce soir ?» crient d’un seul homme vos 3 amours. Question lancinante qui revient tous les soirs.

Pfff… le cerveau n’est plus en mesure d’effectuer un quelconque effort… Le vide sidéral… Le réfrigérateur ne vous soutient guère dans vos recherches, vos placards vides ne vous inspirent aucune idée.

Heureusement, internet a été inventé ! Google «on mange quoi ce soir ?»… 10 000 réponses !!

Currywurst ? Trop compliqué.

Lasagnes saumon épinards ? Les épinards et Jules, ce sont des cris et des pleurs à tous les coups !  Pas ce soir !

Une raclette ? Je n’ai pas de fromage.

Des Carbonaras ? On a déjà mangé des pâtes hier soir…

Champignons à l’ail ? Oups, demain j’ai rendez-vous avec le boss

Gratin de rutabagas ? C’est quoi ça ?

… une demi-heure après… « Maman, j’ai faim !!! On mange quand ?… Maman j’ai faim, on mange quoi ? Maman j’ai FAAIIMM… »

« Euh une pizza, ça vous va ? »

« Oh, t’es la meilleure des mamans ! »

Le repas se passe, les dents sont lavées et tous les enfants sombrent dans le sommeil.

Avachie sur le canapé, la culpabilité à fleur de peau, des résolutions sont prises : « Dès demain, je fais des courses au magasin bio, je planifie mes menus et je cuisine! Les autres mères y arrivent bien, elles. Il n’y a pas de raison, je le fais ! »

Le lendemain, au pas de course les courses sont faites à l’hypermarché, la supérette BIO était fermée…  Les sacs regorgent de fruits, de légumes, de viandes, de promos.

Avec ça plus d’excuse. Enfin les repas seront équilibrés !

« Ce soir mes chéris, soupe de fanes de carottes et purée de petits légumes. »

« MUMMM… Ouais….BOF….. »

Après la séance d’épluchage, de tranchage et de cuisson, en essayant de faire comme « Top Chef » les plats sont prêts. La présentation est soignée et la table est mise avec soin.

« A TABLE !!! »

« Ouaa, c’est beau ! »

Chacun se sert plus ou moins et là …. Silence.

« Euh, maman, il ne reste pas un fond de pâtes ? j’aime pas ! »

La table se dessert, et les trois quarts des préparations sont jetés à la poubelle.

Aucun succès, effort nul !

Désespoir…

 

Le soir suivant, pâtes, jambon, fromage râpé, fruits. Une valeur sûre.

Le lendemain, surgelés, pas le temps…

La fin de semaine approche et les bonnes résolutions se font oublier.

Le temps passe, les habitudes et la course folle ont repris de plus belle.

Il faut descendre les poubelles !

Avant de les fermer il faut vider ce qu’il y a dans le réfrigérateur… Des radis tous mous, des courgettes moisies, la salade flétrie, le paquet de yogourt qui n’a pas été entamé, la viande hachée qui devait servir à faire des lasagnes…

BEURK c’est nul de jeter tout ça !!!

La culpabilité gagne toute la famille.

Un grand débat s’en suit sur la nécessité de ne pas gaspiller où tout le monde s’accorde.

Oui, mais comment faire ?

Une épicerie solidaire

MireilleDufauANDES

 

Mireille Dufau est conseillère en économie sociale et familiale. Spécialiste de l’action socio-éducative, elle travaille aujourd’hui comme animatrice réseau pour l’Association Nationale des Épiceries Solidaires (ANDES). Ses chroniques sont le miroir de son travail sur le terrain auprès de familles en situation de précarité.

Une jeune mère entre dans ce qui semble être une supérette, tête baissée, un peu lasse. L’atmosphère n’est pas la même que dans une supérette classique et pourtant on peut y faire ses achats, on trouve de tout. Les rayonnages de denrées sont plus ou moins mis en valeur mais ne répondent pas aux critères marketing des chaines classiques. Les prix sont affichés, ils sont bas mais correspondent à une valeur.

À la caisse chacun paie avec une certaine satisfaction. Les caissières et les vendeurs vous accueillent,  vous proposent un petit café, entament une conversation chaleureuse. Ce lieu qui semble être commun,  est en fait une épicerie solidaire où les personnes qui ont des difficultés financières peuvent venir pour une période donnée.

La société de consommation semble faire une pause dans cet endroit, et pourtant on la retrouve à travers certaines marques de produits. Le dépaysement n’est pas total.

Cette jeune mère, refuse le café qui lui est proposé et va de suite faire ses courses. Elle n’a pas très envie qu’on la voit. Mais reste le problème majeur : elle n’a aucune idée de ce qu’elle veut  cuisiner pour le repas du soir. Aucune envie, juste que cela se passe rapidement.

–       Une dame s’approche : « Vous avez besoin d’aide, je peux vous conseiller ? »

–       « Ben, je ne sais pas quoi choisir pour ce soir, vous savez avec les enfants… ils sont difficiles. »

–       « Ici, on ne vous donne pas une recette clé en main. Vos enfants aiment les pommes ? Regardez, le producteur du coin a donné à l’épicerie une partie de sa production, vous pouvez en achetant une pâte et faire une tarte aux pommes. Ou en les coupant en petits morceaux et en les faisant cuire à la casserole, une compote. »

–       « Tenez, si vous avez le temps, ajoutez un peu de beurre et de la cannelle, vous allez voir c’est différent » dit cette dame en partageant ses petits secrets.

–       « Ah tiens vous  rajoutez de la cannelle ? Moi je mets un coing ça lui donne un petit goût » dit en passant une dame qui fait également ses achats. «Je vois que vous en avez, je vais en prendre »

–       « Mais vous pouvez les faire cuire aussi  au micro-ondes. Bon c’est pas le mieux, mais cela va vite avec des enfants. Ou bien, vous pouvez en  râper une et l’ajouter à votre salade. Tenez, regardez comme elles sont belles… Vous savez, elles sont tellement bonnes qu’avec juste un camembert  c’est délicieux ! En l’espace de 5 minutes vous trouvez mille et une façon de manger les pommes … Et tout est à l’avenant ! »

En passant à la caisse, cette jeune femme regarde timidement la caissière qui lui tend son ticket, en lui rendant sa monnaie. Rien ne change mais tout est différent.

Elle sort la tête plus droite.