Une brocante dans les Cévennes un dimanche de printemps…

Par Diane Galland. Mieux connaître Diane.

 

 

Ce jour-là, il y a foule autour des stands thématiques où se côtoient toutes sortes d’objets plus ou moins désirables, faisons rapidement l’inventaire des « trésors » exposés, le mobilier, les vêtements, les disques et cd, le coin de la mécanique et du bricolage… de la vaisselle, ici, des collections de beaux services, là des piles de verres publicitaires, vieux pots de moutarde recyclés…

Surprise, j’aperçois un stand de livres de cuisine très bien achalandé, autour de lui, un groupe de quatre personnes discute en tripotant les ouvrages, a priori une « tribu » familiale regroupant deux générations, deux femmes d’une petite soixantaine et deux jeunes 25 ou 28 ans, fille et garçon. J’entends les commentaires des plus âgées : regarde ce bouquin «Les Menus détaillés de la ménagère» 180 Menus simples et bourgeois au comptoir Français du Livre.

« Tu vois, j’avais ce livre, ma tante me l’avait offert parce que je ne savais pas du tout cuisiner » « moi, c’est le livre de Françoise Bernard que j’avais, j’ai l’impression que toutes les françaises de ma génération le détenaient ».

Je glisse ma main au-dessus du premier livre désigné. Un aspect très austère, proche d’un manuel scolaire. Une édition de 1951. J’ouvre le volume. Il présente des recettes tout à fait traditionnelles, sans illustrations. Les photos sont à la fin, représentant les recettes les plus spectaculaires, ce sont plutôt des dessins coloriés… Des mets bien chargés, très riches, des sauces partout…

Etonnant, dans les premières pages, quelques planches photos montrant les règles du service des plats et des vins, plus loin des images de découpe. Comment lever des filets de poisson, découper une volaille … En bref, un ouvrage dont l’objectif était clairement de permettre à des générations de se débrouiller en cuisine…

C’est en effet dans les années 60-70 que l’usage des livres de cuisine se répand. Les femmes travaillent, les livres prennent le relais de la transmission orale familiale. Ils sont plutôt classiques dans leur approche et exposent des recettes de différentes régions françaises, le papier est épais, il y a peu d’images.

Sur le même stand, on voit bien l’évolution des ouvrages de cuisine, dans les décennies qui suivent, changement de programme … Ça semble exploser !

Je regarde la pile des livres 80-90, des ouvrages sous des formats très différents, de la couleur, bien sûr, mais surtout des approches variées : à côté des livres généralistes, émergent des livres plus spécifiques, thématiques exotiques, ou mono produits. Des livres sur la cuisine italienne, marocaine, ou encore sur les sauces, les desserts, les risottos, les pâtes, le gibier….et puis la cuisine régime, la cuisine minceur.  C’est Flagrant, juste en regardant un stand on voit bien l’évolution du livre de cuisine, on perçoit nettement dans les années 2000-2010 qu’il est devenu un des succès de l’édition. Désormais, il suit les modes culinaires ou tendances : cuisine asiatique, cuisine « detox »… présente de nouvelles façons d’accommoder certains mets : verrines, cuillères …

Les recettes sont adaptées à tous les niveaux de cuisine et aux circonstances : cuisine des nuls, cuisine des débutants, cuisine des copains, cuisine des chefs côté maison … et s’éloignent des grandes recettes pour répondre aux exigences des lecteurs en recherche d’accessibilité et d’originalité, sans oublier l’impact du surpoids qui frappe notre société, n’oublions pas le succès rencontré par Pierre Dukan, dont près de 2 millions d’ouvrages ont été vendus, «Je ne sais pas maigrir», sorti en poche, a constitué la meilleure vente de l’année 2010!

Pendant que je feuilletai les différents livres d’occasion du stand, j’écoutais discrètement les bribes de conversation du petit groupe avec le vendeur, les plus jeunes parlaient de leurs  « livres à eux, d’un cadeau reçu à Noël un livre coffret mini-cocottes et un livre avec kit à Sushi » très sympas, très pratiques…

Le garçon, lui prétend n’avoir pas besoin de livres car il trouve  toutes ses recettes sur internet quand il cuisine pour recevoir ses  potes, il s’y connaît un peu, il cite marmiton.org, dit que c’est plus simple de s’installer en cuisine avec sa tablette plutôt que d’imprimer les recettes.

Près d’un utilisateur de tablettes sur trois utiliserait sa tablette en cuisine…

En rentrant chez moi, je me suis précipitée sur Google pour récupérer des infos sur le secteur du livre de cuisine.

J’ai pu constater qu’il constituait en effet le secteur le plus dynamique du livre. En 2012, 13 millions d’exemplaires de livres cuisine ont été vendus.

Le nouvel engouement pour la cuisine, l’influence des chefs et des émissions Tv, les efforts déployés par les marques cultes…tout cela  contribue incontestablement à cet essor.

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter un communiqué présentant une étude de l’institut GfK Consumer Choices publiée à l’occasion du Paris CookBook Festival 2013, et qui dresse le bilan 2012 des ventes du marché des Livres de cuisine. http://www.gfkrt.com/imperia/md/content/rt-france/cp_gfk_cc_bilan_march___livre_cuisine_2012.pdf

 

Do you want to be contacted?

You will be contacted soon