La presse cuisine, entre crise et renouveau…

Par Diane Galland. Mieux connaître Diane

 

 

La presse gastronomique qui surfe sur l’engouement des Français pour la cuisine n’est pas un long fleuve tranquille ! Arrêts de certains titres cultes, lancements de nouvelles formules…

Nous apprenons que le groupe Prisma s’apprête à cesser des parutions : les bimestriels Guide Cuisine, Gala Gourmand et Intense (né durant l’été 2012 !). La  décision aurait  été annoncée par la direction de Prisma médias, éditeur des trois titres de cuisine, lors d’un comité d’entreprise en juillet.

Qu’en est-il des autres titres culinaires ? L’OJD référence une quinzaine de magazines dans cette catégorie,  parmi eux 9 ont connu un  recul de leur diffusion en 2012. Comment expliquer cela alors que la cuisine bénéficie d’un très fort regain d’intérêt auprès de toutes les générations ?

Selon certaines analyses, c’est justement parce que la cuisine est devenue un phénomène de société, donc d’intérêt général,  que la presse spécialisée en souffre :   les grands titres se sont en effet emparés de ce sujet devenu consensuel et grignotent du terrain sur les opérateurs historiques.

A titre d’exemple, juste un petit tour en kiosque ces jours-ci :

Capital

  • Juillet 2013, le magazine Capital sort un hors-série intitulé « La France de la bonne bouffe ». Un dossier spécial sur les tendances françaises et ceux qui nous donnent les moyens de toujours mieux manger.

 

GeoHistoire

  • GéoHistoire d’août-septembre sort un Hors-série « A Table » : 8 siècles de gastronomie française…..

Dossiers de fond, articles dédiés, cahiers recettes, ou carrément des hors-série dédiés à la cuisine, à la table, à l’alimentation, autant de concurrence pour les titres spécialisés.

La presse culinaire souffre, et en parallèle la presse culinaire renait ! Un Paradoxe !! Un « french paradox» ??  Peut-être, comme c’est souvent le cas en matière alimentaire dans l’hexagone ! Car dans la même période de nouveaux titres voient le jour… le marché se sectorialise.   De   nouvelles publications  se créent avec des partis pris différenciant et contribuent à une refonte du paysage « médiatico-culinaire ». Rapide tour d’horizon des trois ou quatre derniers mois!

art-et-gastronomie

  • Un nouveau magazine haut de gamme : Arts & Gastronomie.  « Inclure la gastronomie dans un art de vivre hédoniste incluant des reportages à dimension culturelle »,  132 pages, 7,50 €.

750g

  • Pratique : 750 g le mag. Un magazine culinaire populaire et quotidien. Prolongement papier du site culinaire 750 g. Un magazine populaire, destiné à ceux qui font vraiment la cuisine au quotidien et veulent des recettes faciles et  accessibles. 3,50 €.

Jamie

  • Et pour les plus jeunes : Jamie, cuisinez fun et facile !  Jamie Oliver, le chef anglais, égérie des jeunes. Nos ados devraient se mettre à cuisiner avec Jamie !  Sorti en mai, c’est une version française du  magazine culinaire, best-seller  depuis 5 ans en Grande-Bretagne. 124 pages, 3,90€.

Mook

  • 180°C: et puis il y a le MOOK !!!!! « MOOK », néologisme créé à partir des mots anglais Magazine et Book. Le Mook, né dans le milieu littéraire anglo-saxon, était plutôt apparenté à un traité de culture générale, version gros catalogue, avec un joli papier, une centaine de pages, sorte de livre magazine que l’on gardait dans sa bibliothèque. Il  infiltre désormais tous les sujets. Aujourd’hui c’est le tour de la cuisine ! Le Mook est un hybride entre  la presse et l’édition, il est vendu  en librairie ou dans des boutiques spécialisées. Sa périodicité est semestrielle ou trimestrielle. Le premier numéro de 180°C est sorti  en avril avec un vif succès. Il est entièrement consacré à la cuisine et à la gastronomie. Il est très beau, très intéressant, articles passionnants, photos magnifiques. 200 pages, 19,90 €.

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