La cuisine populaire vue par Patrick Serog

 

Patrick SerogPatrick Serog est médecin nutritionniste et particulièrement intéressé par le thème de la transmission  culinaire familiale. Patrick nous livre un regard original  sur la manière dont progresse cette transmission dans notre société si rapidement évolutive.

 

1/ Qu’évoquent pour vous les mots cuisine populaire et qu’est-ce que pour vous, la cuisine populaire ?

C’est la cuisine de tous les jours et celle que la majorité de la population des villes et des campagnes pratique. Pour moi la cuisine populaire est celle des plats traditionnels et de mon enfance.

2/ Que proposez-vous, comme images, comme souvenirs, comme goûts pour évoquer la cuisine populaire, votre cuisine populaire ?

Ce sont pour moi des plats de la cuisine juive d’Europe de l’Est, comme le bortsch, la carpe farcie, les bouillons de poule avec des boulettes de farine de Matza, du foie, des oignons et des œufs hachés, des bouillons de viandes et des goulaschs…

3/ Racontez-nous un plat, un repas, une fête, qui selon vous, représente cette cuisine populaire.

Revenons à la cuisine française populaire qui commencerait par un pâté de campagne traditionnel. Suivra un bœuf bourguignon avec des pommes de terre et des légumes, un fromage et un dessert comme une tarte avec des fruits de saison. On n’oubliera pas le vin.

4/ En quoi est-il compliqué d’évoquer ou de partager un goût que l’on pense propre à son expérience personnelle ?

Son expérience culinaire personnelle est reliée à une émotion qui nous est propre. La convivialité de la table fait que la première rencontre avec un aliment s’effectue dans une ambiance qui sera parfois filmée par notre cerveau et imprimée dans notre mémoire définitivement. Partager un aliment avec un autre c’est lui transmettre une partie de notre émotion et de notre culture. A l’autre d’accepter ce présent ou de le refuser.

5/ Pour vous, cette cuisine populaire est-elle intime ou est-elle une ouverture au monde, à la curiosité ?

Il y a deux aspects à cette cuisine populaire. Certains plats sont intimes et on ne pourra jamais partager avec autrui la même émotion dont nous venons de parler.

Mais ce sentiment n’est pas antinomique d’une découverte de très nombreux plats du monde et de la partager avec autrui.

6/ Selon vous, en quoi la cuisine populaire peut-elle présenter un enjeu social, culturel, politique ou agricole?

La cuisine populaire peut présenter un enjeu social dans un partage de valeurs quelle que soit la classe sociale. Enjeu culturel par l’apport de cuisines d’autres régions de France ou du monde. Enjeu politique car bien manger est un des facteurs du « bonheur » et de l’épanouissement de l’être humain, et agricole par le développement de produits qui ont du goût.

7/ Comment pourrions-nous remettre la cuisine populaire de tous les jours au centre des préoccupations alimentaires d’aujourd’hui, avez-vous des idées pour mettre en avant la cuisine populaire ?

La cuisine populaire est un des moyens de réunir les familles autour d’une table et d’aplanir les conflits. C’est donc un outil de rassemblement à un moment ou de nombreuses familles sont séparées ou recomposées. Autour de cette pratique les personnes d’horizons très différents peuvent se retrouver pour MIEUX VIVRE ENSEMBLE.

 

 

 

Do you want to be contacted?

You will be contacted soon