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Festival des Cuisines Pop’ulaires

Affiche Festival VDLesieur a soutenu le Festival des Cuisines Pop’ulaires qui s’est tenu à Asnières-sur-Seine, Place Freycinet dans les Hauts-de-Seine (92600). Les 13, 14 et 15 mai 2016. 

« Vous avez une recette de cuisine dont vous êtes très fiers ? Venez la partager pendant le Festival des Cuisines Populaires ! Inscrivez-vous sur www.festivalcuisinepop.fr »

C’est par cette annonce diffusée sur plusieurs circuits de la ville d’Asnières que les asniérois ont été invités à participer à cette première édition d’un Festival réalisé en partenariat avec la ville, l’APES (association de développement social et urbain du pôle immobilier d’Astria) et l’entreprise Lesieur, dont le siège social est justement à Asnières et qui par cette action illustre une fois de plus son intérêt pour la transmission des pratiques culinaires et la promotion de la cuisine de tous les jours.

Valoriser la cuisine de tous les jours et créer du lien social  

Le Festival des Cuisines Pop’ulaires a pour vocation de récompenser la cuisine de tous les jours ; la cuisine dont on est fier, car préparée pour sa famille, partagée entre amis.

Le Festival des Cuisines Pop’ulaires veut mettre à l’honneur les recettes choisies par les participants, une initiative concrète qui doit s’inscrire dans la durée en espérant que cette édition soit la première d’une longue série.

festival cuisines populaires asnières 022Au-delà de la valorisation des femmes dans les foyers et de la transmission des compétences, au-delà de la création d’un moment festif autour du quotidien, ce Festival crée du lien social et valorise une action locale dans un quartier populaire d’Asnières. En outre, il souligne la complémentarité interculturelle et intergénérationnelle de la cuisine populaire et met en avant la créolisation de la cuisine française.

Un mouvement citoyen

L’initiative vient de l’association Bleu Blanc Zèbre, présidée par l’asniérois Guillaume Villemot et fondée par l’écrivain-cinéaste Alexandre Jardin. Elle se veut un mouvement citoyen privilégiant les actions autour des thématiques de l’éducation, de l’accès à l’emploi, en sollicitant différents partenaires, élus, associations, entreprises et citoyens pour « revitaliser » ensemble nos quartiers par des agissements de terrain.

Modalités de participation des Asniérois

La seule condition pour participer était de s’inscrire en binôme : un adulte et un enfant.

Inscriptions à déposer soit à la Médiathèque Alexandre Jardin, 107 rue Emile Zola à Asnières soit sur le site internet dédié : www.festivalcuisinepop.com

 

Un festival haut en couleur du 13 au 15 mai

festival cuisines populaires asnières 074Enfin, convivialité oblige….les participants ont pu partager leurs recettes avec les Asniérois lors du week-end du 13 au 15 mai 2016 et échanger astuces et savoir-faire avec les chefs présents. Les commerçants d’Asnières étaient également invités à mettre en avant le Festival des Cuisines Populaires en aidant les participants dans la réalisation de leur recette. Un vrai moment de gourmandise, de joie et de générosité. De 11h30 à 14h : les participants emmenaient leurs plats, le chef Lesieur et les autres participants les goûtaient.

 

Des animations dans une cuisine mobile Lesieur pour fédérer  

IMG_0724LESIEUR avait installé une cuisine mobile avec à son bord le Chef Damien qui, de 14h à 16 h, effectuait des petites bouchées originales et les offrait au public. Et pour finir, le chef proposait chaque après-midi des cours de cuisine à des enfants enthousiastes, ravis de préparer des pâtisseries, et aussi, et surtout de les déguster !

 

Un livre de recettes pour mieux transmettre ces recettes et savoir-faire

En participant à cet évènement, les asniérois verront leurs recettes publiées dans le livre qui sera édité à l’issue du Festival des Cuisines Pop’ulaires. Livre disponible dès la fin de cette première édition.

Nous souhaitons longue vie à ce Festival !

Par Diane Galland. Mieux connaître Diane.

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La cuisine populaire vue par Damien Duquesne

damien duquesneDamien Duquesne est un chef cuisinier et enseignant bien connu du grand public pour être le co-fondateur du site « 750 grammes ». Il a fait paraître aux éditions Solar « Je cuisine la pâtisserie ». Plus connu sous le nom de chef Damien, il collabore au site 750 grammes en écrivant des recettes et en participant à plus de 2 000 vidéos, véritables leçons simples et pratiques de cuisine. En 2015 il a ouvert un restaurant, 750g la table, à Paris, rue de Vaugirard,  100 % maison qui met en valeur au maximum les producteurs locaux. Un deuxième restaurant devrait prochainement ouvrir toujours à Paris.

Il a également fondé le Salon du Blog Culinaire à Soissons et à Paris  pour que les blogueurs puissent se rencontrer et échanger sur leurs pratiques culinaires.

1/ Qu’évoquent pour vous les mots «cuisine populaire» et qu’est-ce que la cuisine populaire pour vous ?

Tout, sauf la cuisine élitiste que nous ne pouvons pas nous offrir ou alors très rarement, la cuisine populaire c’est ce que mangent les français au quotidien, du sandwich au repas du dimanche. Du ketchup à la moutarde artisanal, c’est tout ce que mangent les français, la paella, le couscous et le pot au feu. Dès qu’un produit ou une recette est consommée par le plus grand nombre, ils deviennent un élément de la cuisine populaire.

2/ Que proposez vous, comme images, comme souvenirs, comme goûts pour évoquer la cuisine populaire, votre cuisine populaire ?

Le souvenir du pain perdu que faisait ma maman pour le quatre heure des cinq garçons de la famille. Ce sont les gros plats de pâtes, de riz, les viandes en sauce qui étaient nécessaire pour nourrir ces cinq garçons avec parfois des moyens limités. Mais c’était toujours généreux et surtout bon.

3/ En quoi est-il compliqué d’évoquer où de partager un goût que l’on pense propre à son expérience personnelle ?  

Le goût de la cuisine n’est pas compliqué, si on en parle avec amour et passion, tout le monde peut comprendre que c’est bon. Mais c’est une compréhension réfléchie, car exprimer cette passion peut entraîner à goûter et un jour à apprécier quelque chose qui ne faisait pas parti de notre univers culinaire.

4/ Pour vous, cette cuisine populaire est-elle intime ou est-elle une ouverture au monde, à la curiosité ? 

C’est à la fois de l’ordre de l’intime et très ouvert sur le monde. Chez nous par exemple, notre plat de famille, c’est le romazava, le plat national malgache, car les 5 garçons sont nés à Madagascar. C’est un plat particulier, avec du gingembre, de l’ail, de la tomate, une sorte de pot au feu et à la fin on ajoute des brèdes mafanes, le fameux épinard malgache qui a un parfum de pile électrique. La viande utilisée pour le romazava est généralement du zébu ou des morceaux assez gras de bœuf.

Après avoir fait revenir la viande coupée en gros morceaux dans un peu d’huile et  avoir ajouté des oignons et de l’ail pelé et émincé, des tomates concassées et du gingembre, on mouille avec de l’eau. On laisse cuire jusqu’à réduction avant d’ajouter des brèdes (mafana, morelle, cresson, etc.) pour 15 minutes de cuisson. La sauce du romazava doit être assez réduite et la viande confite.

En fait toute la famille Duquesne héritera de ce plat voyageur.

5/ Selon vous, en quoi la cuisine populaire peut-elle présenter un enjeu social, culturel, politique ou agricole ? 

Cela touche à tous les niveaux de notre manière de vivre ensemble car elle nous rassemble et nous sommes tellement nombreux à la partager.

6/ Comment pourrions-nous remettre la cuisine populaire de tous les jours au centre des préoccupations alimentaires d’aujourd’hui, avez vous des idées pour mettre en avant la cuisine populaire ?

On vend du rêve avec les émissions de télé et en surexposant les chefs de cuisine, mais pour l’immense majorité des gens, nous ne pourrons pas aller dans ces restaurants. Il faudrait remettre au coeur de nos préoccupations cette cutine populaire simple et économe, et tout simplement montrer ce que l’on peut faire avec ce que l’on a sous la main. Ce que faisaient les mamans quand elles faisaient le marché pour la semaine.

7/ Racontez-nous un plat, un repas, une fête, qui selon vous, représente cette cuisine populaire ?

Pour moi en hiver c’est une soupe, un poulet rôti avec un gratin dauphinois et une crème caramel, ça, c’est un repas de cuisine populaire que l’on peut partager avec la famille et les amis. C’est un dîner peut être imparfait, mais sacrément agréable à partager. Et il est réussi, s’il est connecté avec la saison et l’économie de ta famille. En cuisine, un rien peut être délicieux.

 

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La cuisine populaire vue par Thierry Marx

Crédit © : Mandarin Oriental, Paris

Crédit © : Mandarin Oriental, Paris

Thierry Marx est chef cuisinier. Après une formation chez les Compagnons du Devoir, il fait ses débuts dans les grandes maisons : Ledoyen, Taillevent, Chapel.

Au Roc en Val de Tours, il obtient sa première étoile au Guide Michelin. En 1990, à Nîmes, il reprend la direction du Cheval Blanc. Puis en 1996, il devient chef du Château Cordeillan-Bages de Pauillac où il obtient sa seconde étoile. En 2006,  Gault&Millau le sacre « chef de l’année ». Depuis 2010, il est chef cuisinier au Mandarin Oriental. Adepte d’une cuisine inventive, il aime s’adonner à la cuisine moléculaire.

Intéressé par les enjeux de transmission culinaire, Thierry Marx ouvre en 2012 en partenariat avec la mairie du 20ème arrondissement une formation gratuite dédiée aux métiers de la restauration. De 2010 à 2014, il est l’un des jurés de l’émission de télévision « Top Chef » de M6.

1.    Qu’évoquent pour vous les mots «cuisine populaire» et qu’est-ce que la cuisine populaire pour vous ?

Cela évoque pour moi une cuisine à mi-chemin entre la cuisine rurale et la haute gastronomie. C’est une cuisine initiatrice et capable d’associer toutes les extractions sociales.

2.    Que proposez-vous, comme images, comme souvenirs, comme goûts pour évoquer la cuisine populaire, votre cuisine populaire ?

Le hareng pomme à l’huile, le petit salé aux lentilles, la tomate farcie, les rollmops, les petits harengs frais, le maquereau au vin blanc, la tête de veau gribiche, le coq au vin… Tous ces plats me rappellent les bistros populaires et ouvriers de l’Est parisien.

3.    En quoi est-il compliqué d’évoquer ou de partager un goût que l’on pense propre à son expérience personnelle ?

Le goût est très souvent lié à un univers fantasmé voir même idéalisé. Mon souvenir de hareng pomme à l’huile, ce saladier de pommes de terre tièdes et ce hareng mariné est pour moi un excellent souvenir.

Ces ouvriers au coude-à-coude avec leurs chopines de rouge, leurs bleus de travail et leurs gouailles continuent à me donner goût à ce plat assaisonné de sel, de poivre et probablement d’une pointe de nostalgie.

4.    Pour vous, cette cuisine populaire est-elle intime ou est-elle une ouverture au monde, à la curiosité ?

Elle est à découvrir, elle doit sortir du domaine de l’intime pour rajouter une dimension encore plus sociale à la cuisine. Une cuisine qui crée du lien par de la base.

 5.    Selon vous, en quoi la cuisine populaire peut-elle présenter un enjeu social, culturel, politique ou agricole ?

La cuisine populaire est un point central de la gastronomie. La « planète Gastronomie » est multidirectionnelle : l’agriculture, la pêche, le tourisme, la santé… L’ensemble des métiers de bouche font partie de cette planète dont le point central est l’Homme, donc le peuple. Cette cuisine dite populaire est donc un axe majeur.

6.    Comment pourrions-nous remettre la cuisine populaire de tous les jours au centre des préoccupations alimentaires d’aujourd’hui, avez-vous des idées pour mettre en avant la cuisine populaire ?

J’ai quelques idées. D’abord, créons dans un lieu atypique un festival de la cuisine populaire.

 7.    Racontez-nous un plat, un repas, une fête, qui selon vous, représente cette cuisine populaire?

Pour moi, la cuisine populaire c’était les repas d’un petit restaurant, rue Orfila dans le 20ème arrondissement de Paris ou ceux du Bistro de La Villette. Les arômes étaient mêlés : chariot de hors-d’œuvre à volonté, sauté de veau Marengo, pichet de rouge cuvé du patron et fromages ou tarte aux pommes.

Des odeurs de cuisine se mêlaient à celles des bleus de travail des métallos, clope sur l’oreille, une heure montre en main pour casser la croûte. Que de souvenirs que je ne retrouve pas dans ces bistros cosmétiques pour bobos singeant un monde ouvrier qu’ils n’ont pas connu.

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Michel Bras et la transmission culinaire

MichelBrasMichel Bras est très lié au territoire où il a toujours cuisiné : l’Aubrac. Depuis toujours, il a développé un imaginaire gustatif en accord avec la connaissance et la mémoire de ce paysage. Et par-delà les grandes étendues du plateau d’Aubrac, ce sont bien des aspérités de goût de cuisine populaire liée à son terroir qui ont  nourries cette mémoire.

Souvent, Michel Bras parle du goût du pain brûlé, des baisures, de la farce des légumes, peu riche en viande et agrémentée des herbes du jardin, et bien sûr de l’incontournable peau de lait étalée à même une tartine de pain. Si tout cet univers de goût lui a été transmis, il l’a toujours eu en mémoire pour composer sa cuisine.

De même, il est certain qu’en transmettant son restaurant à son fils Sébastien, ce n’est pas seulement l’entreprise qu’il a léguée, mais bien tout cet univers sensible, propre à l’Aubrac et ouvert au monde.

Il nous semblait logique d’inviter Michel Bras à participer à nos échanges sur la transmission culinaire. Lui, qui pour composer une cuisine exceptionnelle n’a jamais oublié ses racines.

C’est certainement cet attachement à une cuisine simple et quotidienne qui lui permet de porter un regard précis sur ce que peut être aujourd’hui la transmission culinaire.

Retrouvez l’interview filmée de Michel Bras sur le blog www.observatoirecuisinespopulaires.fr, rubrique Reportages, dossier Transmission culinaire.

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger: MichelBras_TransmissionCulinaire_OCPop

Du fond du placard, la cuisine me parle…

 

PlacardsToujours la course, que vais-je encore faire à dîner ce soir ? Combien de fois avons-nous prononcé ou entendu cette complainte ? Alors stop à l’angoisse du « sans idée » pour le dîner !

Inspirons-nous du placard ou du réfrigérateur… En deux temps-trois mouvements une boîte de conserve, une poêlée de légumes surgelés, quelques restes de viande froide, se transforment en des « aides-culinaires » précieux. Associés à quelques œufs battus, un verre de lait, et la pâte brisée dont on ne savait que faire, une pluie de fromage râpé, un tour de four et les papilles s’animent.

Cet exemple en cache d’autres, aussi n’hésitez pas à constituer quelques réserves que nous avons listées pour vous, en imaginant que vous trouverez là l’indispensable pour vous en sortir sans encombre. Bien évidemment, cette liste n’est pas exhaustive et nous vous proposons même de la compléter au gré de votre imagination et de votre goût. Tout l’art de la cuisine d’assemblage est entre vos mains !

 

Les indispensables non périssables :

–          lait uht

–          creme uht

–          sel fin

–          gros sel

–          sucre (semoule, morceaux, glace)

–          miel

–          poivre grains

–          épices : quatre-épices, cumin (graines et poudre), curry, muscade, gingembre, cannelle (poudre et bâtons), clou de girofle, paprika, piment fort,

–          farine

–          maïzena

–          huile (tournesol, olive, colza, arachide)

–          vinaigre (vin, cidre, xérès, balsamique)

–          levure chimique

–          chocolat noir

–          bouillon en cube (légumes, bœuf, poule)

–          pâtes (vermicelles, spaghettis, coquillettes, lasagnes, tagliatelles)

–          riz

–          sauce tomate

–          champignons de paris en conserve

–          lentilles

–          haricots secs

–          semoule

–          fruits au sirop

–          fruits secs (abricots, pruneaux, raisins…)

–          amandes (poudre, effilées…)

–          noix de cajou, cacahuètes

–          olives

–          thon

–          sardines

–          maquereaux

–          biscottes ou chapelure

–          biscuits- petit beurre

–          café soluble

–          the

 

Les indispensables… a température ambiante :

–          oignon

–          ail

–          échalotes

–          pommes de terre

–          pommes fruits

–          citron

–          orange

 

Les indispensables… au froid :

–          beurre

–          œufs

–          emmental (ou fromage râpé)

–          cornichons

–          moutarde (de Dijon, à l’ancienne)

–          ketchup

–          concentre de tomate

–          jus de citron

 

Les indispensables… au très froid :

–          herbes surgelées (ciboulette, persil, basilic, menthe, mélange provençal)

–          poêlées de légumes surgelés

–          crème glacée

–          pâte a dérouler (brisée, feuilletée, sablée)

 

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E.Reithler 2

Par Eric Reithler. Mieux connaître Eric.

 

 

 

 

 

La cuisine populaire vue par Patrick Jeffroy

 

PatrickJeffroyPatrick Jeffroy est un chef cuisinier dont la cuisine est récompensée par deux étoiles au Guide Michelin. Très attaché à sa terre bretonne, Patrick Jeffroy aime marier les produits de la mer à ceux de la terre et n’hésite pas à revenir à des plats locaux d’antan comme la bouillie d’avoine servie krasenn. Depuis 2000, Patrick Jeffroy est chef de l‘Hôtel de Carantec-Restaurant.

 

1.    Qu’évoquent pour vous les mots « cuisine populaire » et qu’est-ce que pour vous, la cuisine populaire ?

C’est le potager, le verger, le clapier, le poulailler que j’ai eus dans ma petite enfance. Des millions de Français vivaient au bon vouloir de ces jardins. Les marchés d’aujourd’hui ainsi que les villes et villages sont également détenteurs de la cuisine populaire.

2.    Que proposez-vous, comme images, comme souvenirs, comme goûts pour évoquer la cuisine populaire, votre cuisine populaire ?

Encore une fois, ce sont des images avec ma grand-mère, la tuerie du lapin, le dépeçage, le civet et les légumes du jardin, les crêpes faites l’après-midi avec les œufs du jour, les pommes cuites au four avec le cidre de la ferme. Mais aussi le premier couscous qui arrive avec les soldats de retour d’Algérie, la paella ramenée des voyages en Espagne. Ces pays nous paraissaient loin, c’était bon et étrange, une autre cuisine populaire.

3.    Racontez-nous un plat, une fête, qui selon vous, représente cette cuisine populaire.

Une cuisine de bord de mer, après une grande marée, des coques, des St Jacques, des couteaux, des étrilles, le lieu de ligne, etc…

La fête ou même les fêtes du cochon. Le cochon est prétexte à tellement de fêtes, autour des châtaignes, des légumes. Cet animal accepte tout, même de se marier aux produits marins. Je pense d’ailleurs que la cuisine populaire change au fil du temps avec l’évolution des produits, de la modernité des cuissons (voyage de saveurs, de cuissons).

4.    En quoi est-il compliqué d’évoquer ou de partager un gout que l’on pense propre à son expérience personnelle ?

Croquer un bébé artichaut ou un chou-fleur en revenant de l’école, dessabler une endive dans le tonneau de bois ou déterrer un poireau, une carotte, une pomme de terre nouvelle, c’est d’abord une odeur qui nous arrive, comme l’œuf dans le poulailler, la poire mure de soleil… Ensuite il y a le goût, la bouillie d’avoine rôtie au saindoux, les pommes de terre au lard et la salade de mâche du jardin coupée au « pradel » en manche de corne : Là c’est extraordinaire.

5.    Pour vous, cette cuisine populaire est-elle intime ou est-elle une ouverture au monde, à la curiosité ?

Elle est les deux. De l’intime, nous pouvons voyager dans le populaire des autres cultures et c’est tellement bien. Notre cuisine est faite de recettes de nos provinces et nous en sommes fiers.

Dans le monde entier cette richesse est la même. On peut trouver dans une petite rue en Asie plusieurs recettes complètement différentes qui sont un véritable menu gastronomique populaire.

6.    Selon vous, en quoi la cuisine populaire peut-elle présenter un enjeu social, culturel, politique ou agricole ?

La réponse est dans la question : acheter les produits autour de soi, pour faire vivre l’agriculture ou la pêche proche (ce qui n’est pas toujours facile), permet d’utiliser moins de transports, moins d’intermédiaires mais peut-être plus de travail de proximité, on peut rêver…

7.    Comment pourrions-nous remettre la cuisine populaire de tous les jours au centre des préoccupations alimentaires d’aujourd’hui, avez-vous des idées pour mettre en avant la cuisine populaire ?

En commençant par expliquer à ceux qui n’osent pas faire de la cuisine à la maison, qu’il faut oublier les grandes démonstrations culinaires audiovisuelles. De prendre le temps d’acheter, de choisir, de comprendre une cuisson, quelle qu’elle soit. Et de plonger dans la grande marmite des cuisines populaires. Elle, elle ne juge pas, elle est la générosité !

Contenus libres de droit. PDF à télécharger : LaCuisinePopVuePar_PJeffroy

 

 

La cuisine populaire vue par Yves Camdeborde

Y.CamdebordeYves Camdeborde est certainement le premier chef à avoir cuisiné ce que François Simon nomma la «bistronomie».  Aujourd’hui il dirige le Relais Saint Germain et fait aussi parti du jury de l’émission «Master Chef» sur TF1.

 

1/ Qu’évoquent pour vous les mots «cuisine populaire» et qu’est-ce que pour vous la cuisine populaire?

La cuisine populaire évoque la cuisine de tous les jours, une cuisine de gens qui ont faim, des gens qui ont besoin de se nourrir pour travailler physiquement ou intellectuellement. Des produits sains et des transformations culinaires saines. Le plus simple? Un rosbif, son jus et une purée, pour finir, une crème caramel ou une mousse au chocolat. Ce sont peut-être des clichés mais qui malheureusement n’existent presque plus ou qui ont été remplacés par des produits de l’industrie ni sains et ni bons. La cuisine populaire c’est quand nous allions dans des endroits où une personne emblématique, un cuisinier ou bien souvent une cuisinière, faisait une cuisine simple et généreuse. Par exemple une blanquette de veau, un couscous ou encore une paella, un risotto ou une terrine. La cuisine populaire est une cuisine accessible économiquement.

2/ Que proposez-vous comme images, comme souvenirs, comme goûts pour évoquer la cuisine populaire, votre cuisine populaire ?

C’est la cuisine que j’ai connue sur les marchés du Bassin aquitain avec mon père qui était maquignon. C’est des souvenirs de piperades avec du jambon poêlé, ce sont des ragouts avec des bouillons, une garbure comme plat principal, riche en goûts et en saveurs, on la pose sur la table et on se la partage. C’est une cuisine qui amène une chaleur, une envie de communiquer avec une réelle fierté de son origine. Quand je vais manger un couscous dans mon quartier, le monsieur qui me le sert, c’est son pays qu’il me fait manger. Je me souviens de piperades blanches, avec du pain aillé, du lait, du jambon poêlé avec son jus, un œuf au plat, et un peu de vinaigre pour déglacer les poêles. C’est une cuisine qui n’est pas anodine, qui est ancrée et qui a des racines à la différence de la cuisine des restaurants d’aujourd’hui qui est faite de choses et d’influences de partout. Quand je travaillais à Saint-Tropez, nous allions manger dans un routier une bouillabaisse qui était brute, pas précieuse, elle était dense. C’était un geste de reconnaissance pour ce cuisinier de routier que de voir sa bouillabaisse manger par des cuisiniers d’un deux étoiles. Monsieur Lionce nous demandait si ce que nous faisions à manger dans un deux étoiles avait autant d’émotion que cette bouillabaisse.

Je me demande si avec toute la précision et le soin que l’on apporte à la cuisine dans un restaurant gastronomique, on n’enlève pas tout simplement un peu d’émotion.

La cuisine populaire est chaude, elle est brule-gueule, parce qu’elle a un côté immédiat.

3/ En quoi est-il compliqué d’évoquer ou de partager un goût que l’on pense propre à son expérience personnelle ?

Le problème c’est le souvenir. Est-ce que ce souvenir, vu que tu l’aimes énormément, tu ne l’exagères pas un peu ? La mémoire déforme certainement exagérément, et il existe des gouts qui ne sont que dans ton imaginaire. Mon père fait des crêpes, ce n’est même pas un souvenir, car je les mange toujours. Elles ont un goût, je ne sais pas comment il les fait, peut-être avec les œufs et le lait de la maison. Il a aussi sa poêle. Je reste persuadé que les poêles antiadhésives ont supprimé du goût. Les poêles en tôle, elles accrochaient, des sucs caramélisaient, un moment de cuisson essentielle. Je n’arrive jamais à reproduire le goût des crêpes de mon père. Les enfants immanquablement disent : «celles de Papi sont meilleures».

4/ Pour vous, cette cuisine populaire est-elle intime ou est-elle une ouverture au monde, à la curiosité ?

S’intéresser à la cuisine populaire c’est être totalement ouvert et c’est dans la cuisine populaire que je découvre et que je comprends les autres cuisines. Quand je me rends dans un pays, je ne choisis pas d’aller en premier dans un restaurant gastronomique,  mais dans une gargote. La cuisine populaire c’est celle qui respire l’identité d’un endroit. Par exemple un jarret de veau, il faut l’avoir mangé dans un bistrot pour le connaître. C’est autre chose que de la cuisson sous vide. Ce jarret de veau dans un bistrot populaire est filandreux, croquant et gélatineux. C’est formidable. L’onglet par exemple et sa texture filandreuse, c’est la cuisson populaire qui l’a fait réellement connaitre.

5/ Selon vous, en quoi la cuisine populaire peut-elle présenter un enjeu social, culturel, politique ou agricole?

C’est complètement un enjeu social, culturel, politique ou agricole. Je pense que les cuisiniers sont fautifs, dans une certaine mesure nous avons fait disparaître la cuisine populaire. Ce sont les comptables qui ont pris le pouvoir. Les cantines scolaires ne peuvent plus aller dans le sens de la cuisine populaire, car elles doivent faire du bénéfice. Pourquoi tout le monde s’était-il approprié Maïté? Parce qu’elle représentait une grand-mère cuisinière idéalisée. Tout le monde aujourd’hui parle d’une cuisine dite gastronomique et de produits rares et remarquables mais il manque le sentiment, le ressenti, la respiration de la cuisine populaire. C’est sans doute l’Etat qui devrait réfléchir aux manières de se nourrir et expliquer, enseigner que ce n’est pas compliqué de cuisinier.

6/ Comment pourrions-nous remettre la cuisine populaire de tous les jours au centre des préoccupations alimentaires d’aujourd’hui, avez-vous des idées pour mettre en avant la cuisine populaire ?

La cuisine populaire pourrait être une matière enseignée à l’école. La fête de la gastronomie est intéressante, mais c’est trop élitiste. Il faut trouver la solution pour faire redescendre la cuisine auprès de monsieur et madame tout le monde. Car cette cuisine populaire est un acte politique : c’est le choix de ce que l’on mange.

La cuisine populaire a une valeur économique en réapprenant à utiliser les produits de saison et en sachant les cuisiner entièrement. Mais elle a surtout une valeur culturelle, parce qu’elle rythme et organise notre vivre ensemble, en communauté respectueuse et curieuse de l’autre.