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Dois-je continuer à manger de la viande docteur?

11904688_965734443448414_7858249462408380964_nLa question de consommer de la viande ou non est sujet d’actualité, car il évolue en fonction des tendances sociologiques de notre population.

L’image de la viande est globalement positive dans la population, car elle a une symbolique de force, de virilité, mais aussi de violence. Elle est préférée par les hommes pour toutes ces valeurs représentatives.

Elle apparaît également comme nécessaire à un équilibre nutritionnel lorsqu’elle est consommée dans des proportions raisonnables.

Cependant, manger de la viande quotidiennement n’est pas nécessaire à la santé et est économiquement onéreux. Ce n’est d’ailleurs que récemment, depuis les années 60, qu’est apparue l’habitude biquotidienne de manger de la viande dans des familles aisées.

Et puis, « il y a viande et viande » nous disent souvent les consommateurs! La viande correspond à la chair non transformée des animaux.

La viande de volaille n’a pas la même image que celle du bœuf, du porc, de l’agneau, du mouton…

Manger du poulet apparaît, et particulièrement du blanc de poulet, beaucoup plus acceptable pour ceux qui se sont éloignés de la consommation de viande rouge.

Alors doit-on continuer à manger de la viande ?

On peut essayer de répondre à ces questions sur le plan nutritionnel, économique et environnemental.

Je me contenterais d’essayer de répondre à cette question sur le plan nutritionnel au vu de ma qualité de médecin nutritionniste.

La viande est un excellent aliment pour l’être humain. Elle est d’abord caractérisée par sa teneur élevée en protéines entre 20 et 25%.

Ces protéines sont de très bonne qualité par rapport aux besoins humains, puisqu’elles contiennent tous les acides aminés dont nous avons besoin pour construire notre propre chair d’être humain.

Elle contient des graisses dont la teneur est très variable d’un animal à l’autre et d’un morceau à l’autre (de 2 à 25%). La qualité de ces lipides est aussi importante pour nos besoins. Certes, il existe des acides gras saturés, néfastes, lorsqu’ils sont consommés en grande quantité, pour notre système cardiovasculaire. Elle contient également des acides gras mono et poly-insaturés plus favorables à notre santé.

Mais la viande est également une source importante de vitamine B, de fer, de zinc, de potassium. Il n’existe pas beaucoup d’aliments qui ont un apport aussi important en fer et facilement utilisable par notre organisme.

Crue la viande a une moins bonne digestibilité que cuite.

Les inconvénients pour la santé de la consommation de viande proviennent essentiellement de deux facteurs : la nature de la viande et la quantité ingérée. Ici nous parlons bien de viande rouge. Les études épidémiologiques ont montré qu’une consommation au-delà de 750g de viande rouge cru, ou 500g cuite par semaine augmentait le risque de cancer du côlon.

Mais aucune donnée épidémiologique ne montre de relation de cause à effet entre consommation des autres viandes (blanche, volaille) et un risque cardiovasculaire.

Alors oui, nous pouvons manger de la viande et nous en mangerons tant que nous pourrons supporter le poids économique et environnemental de ces élevages.

Patrick SerogPar Patrick Serog. Mieux connaître Patrick.

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La charcuterie, un patrimoine culturel à consommer sans abuser !

CharcuterieLa charcuterie est un ensemble de préparations culinaires principalement à base de viande de porc et de sel servant d’agent de conservation.

Elle existe depuis que l’être humain a compris comment le sel permettait de conserver longtemps une viande ou un poisson.

La charcuterie s’est étendue au gibier (sanglier, lièvres pour les pâtés et les saucissons) et à la volaille (poulets, dindes, canard, oie), voire au poisson (saumons, lotte…).

On y retrouve des produits crus comme certains jambons ou saucissons et de nombreux produits cuits.

Ce qui est intéressant d’observer est la manière dont certaines régions ont personnalisé les préparations culinaires de charcuterie. Le jambon de Bayonne est maintenant un produit qui a une indication géographique protégée, au Pays de l’Adour. Et les porcs dont il sont issus doivent être nourris avec au moins 60% de céréales. D’autres jambons bénéficient de cette indication comme le jambon de l’Ardèche, le jambon sec des Ardennes ou le jambon de Vendée.

On trouve aussi le seul jambon qui bénéficie d’une appellation d’origine contrôlée depuis le 2 avril 2012 comme « le jambon sec de Corse ». Et tout cela pour dire que notre charcuterie est bien implantée dans notre patrimoine culturel et que les hommes se reconnaissent au travers de rituels qui utilisent ces mets de choix.

La charcuterie présente une variété très large de produits. En plus du jambon, on trouve les rillettes du Mans, l’andouille de Vire ou de Guéméné, les tripes à la mode de Caen… et de très nombreux produits étrangers. Cette charcuterie reflète une ancestralité de coutumes, de savoir-faire et de plaisirs gustatifs.

Du point de vue nutritionnel, la charcuterie a beaucoup évolué depuis une quarantaine d’années dans deux domaines. Tout d’abord la teneur en graisses (lipides) a beaucoup diminué ainsi que la teneur en sel mais cette dernière ne peut descendre trop bas pour des raisons de sécurité alimentaire.

Les atouts nutritionnels de la charcuterie sont nombreux. La charcuterie contient entre 10 et 20% de protéines animales de très bonne qualité. Le taux de lipides peut varier entre 2 et près de 40%. On peut trouver par exemple des jambons blancs cuits avec 2% de matières grasses alors que les jambons secs seront entre 10 et 20% de matières grasses et les rillettes vont atteindre des taux entre 35 et 40%.

Dans la charcuterie, la qualité des lipides est excellente avec une majorité d’acides gras insaturés de bonne qualité pour nos artères même si le taux d’acides gras saturés, moins bon pour nos artères, est relativement élevé, 39%.

On y trouve aussi du fer, en particulier dans le boudin noir.

Oui bien sûr, nous pouvons manger de la charcuterie sans inconvénient pour notre santé. Pour les aliments maigres comme le jambon, cela ne pose aucun problème. Pour les charcuteries plus grasses, il faut en consommer modérément. Ce mot est bien imprécis et cela s’explique. Chacun d’entre nous à un métabolisme différent. Ceux qui ont un taux de cholestérol normal et n’ont pas de problème de poids peuvent en manger plus souvent. Pour les autres, il est nécessaire d’adapter au cas par cas.

Comme nous sommes des omnivores, nous sommes amenés pour survivre dans de bonnes conditions à manger de tout. La charcuterie en fait partie.

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Patrick SerogPar Patrick Serog. Mieux connaître Patrick.

La cuisine populaire ou l’imperfection revendiquée

10849884_834746453213881_2681110361020784322_nLes observateurs les plus affutés n’auront pas manqué de noter que notre société de consommation montre depuis quelque temps, un penchant affirmé pour le « parfait ».

Les magazines regorgent de conseils pour permettre à leurs lecteurs d’acquérir, sans se tromper, le pull, le sac ou le jean « parfait » qu’ils auront plaisir à voir vieillir et qui ne les décevra jamais.

Les fabricants de téléphones ou de télévisions nous promettent, eux, des images d’une qualité « proche de la perfection ».

La « Grill Academy », imaginée par les barbecues Weber, propose des sessions destinées à réussir une « grillade parfaite » pour « débutants » ou « experts ».

Passons sur les « Dîners presque parfaits » qui ont occupé nombreuses de nos soirées et sur le « Very parfait » imaginé par la maison McDonald (une crème glacée agrémentée de coulis) pour nous rendre directement sur les cartes des restaurants où il est impossible d’échapper au tic des toques du moment : l’œuf parfait. Cuit à basse température, autour de 65°C, l’œuf parfait est plus tendre et plus onctueux qu’un œuf dur, plus ferme qu’un œuf mollet. Argument de poids pour les restaurateurs, cette recette est très bon marché et s’accommode de nombreux produits…

665866_474216909266839_1697860468_oLe parfait est à l’œuvre un peu partout. Il faut avouer que la perspective est séduisante. Elle rassure et donne un objectif à tous ceux qui souscrivent à cette ambition. Le parfait permet aux marques qui le promettent de se situer hors de la compétition à laquelle se livrent leurs concurrents à coups de « vils » arguments comparatifs.

Le parfait bénéficie d’un statut à part et incarne une forme d’élitisme.

Soulignons au passage que le parfait est aussi un argument qui séduit particulièrement les hommes. Pour eux, consommer est un acte souvent perçu comme « pas vraiment indispensable », synonyme d’accumulations inutiles ou de perte de temps.

10403043_840946902593836_1546186282817917260_nLeur faire miroiter la perspective du « parfait » est une manière d’induire que ce qu’ils vont acheter a du sens et mérite que l’on s’y intéresse. Car l’objet parfait est durable.

Il va traverser le temps, s’anoblir, se patiner et pourra même un jour être transmis. Bien loin de toutes les éphémères tentations bling-bling, il règne sur son marché comme la référence absolue. L’objet parfait est flatteur pour celui qui l’acquiert.

Face à ce vent de perfection qui pourrait être perçu comme une injonction supplémentaire de notre société, la résistance s’organise. Ici ou là, certains se mettent à revendiquer l’imperfection, l’imprécision, le mélange des genres, le droit de modifier les règles pour réussir ce qu’ils entreprennent.

La cuisine populaire est de ce côté-là. Vivante, spontanée, intuitive, créative et chaleureuse, elle s’improvise, se ressent, se réinvente chaque jour. C’est parce qu’elle a réussi à s’affranchir des contraintes imposées par une quête illusoire de la perfection qu’elle traverse le temps sans perdre de sa séduction.

Vive l’imperfection, vive la cuisine populaire !

Portrait_PDucheminPar Patrice Duchemin. Mieux connaître Patrice.

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La rentrée des livres de cuisine

 

Sans titre

La rentrée des livres de cuisine : un retour aux recettes simples et bon marché ?

Après la déferlante de ces dernières années de beaux livres de cuisine aux ingrédients chers, difficiles à trouver, branchés, voire un brin snobs, voilà une nouvelle vague de livres qui nous font plaisir car beaucoup plus proches de la cuisine populaire.

Dans ces deux livres, sortis début septembre, le concept est simple : des recettes faciles, bon marché, qui ne demandent que 4 à 6 ingrédients et très peu d’ustensiles. Les ingrédients sont en photo en haut de chaque recette et hop, y’a plus qu’à cuisiner.

Vous ne râlerez plus en disant que la moindre recette vous demande des heures de courses et un budget de ministre. Avec un minimum d’ingrédients, vous allez pouvoir vous régaler.

Coup de cœur pour ces deux ouvrages. Nous sommes ravis de les partager avec vous.

 

Je cuisine avec 4 ingrédients de Dorian Nieto, chez Solar

Sans1Le premier est écrit par Dorian Nieto, auteur du blog « Mais pourquoi je vous raconte ça ».

Chaque recette est préparée avec uniquement 4 ingrédients (même le beurre ou l’huile comptent). Cela n’empêche pas aux recettes d’être créatives. Les photos de l’auteur sont vivantes, sans fioritures et donnent confiance, même aux cuisiniers débutants.

Les recettes sont classées par moment de vie avec « plats de soirs de semaine », « apéro entre copains », « goûter », etc.

A nous les tortillons à la cannelle, la salade de pois chiches, oignons et olives, la tourte au poulet et aux légumes, les boulettes d’agneau, les poivrons farcis, les patatas bravas, les roulés croustillants aux poires, le fondant aux amandes, le pop-corn au chocolat et la pavlova à la framboise.

Un bon point pour les recettes très économiques et le bon mélange entre salé et sucré.

 

Simplissime, le livre de cuisine le plus simple du monde de Jean-François Mallet chez Hachette

22Le second est écrit par Jean-François Mallet, chef et photographe culinaire. On retrouve là aussi des recettes simplissimes avec 6 ingrédients maximum, que l’on trouve très facilement. La plupart sont bon marché, d’autres sont plus pour des repas de fête.

Les ingrédients sont en photo avant une recette simple, comme dans le livre de Dorian Nieto.

Les photos sont très jolies, sans chichis, accessibles et ne vont pas vous faire dire «Je n’y arriverais jamais ».

A nous le bouillon repas poulet et courgettes, l’épaule d’agneau confite au four, le porc au caramel, les travers de porc sauce BBQ, les pommes de terre au confit de canard, le gratin de courgettes au haddock ou le poulet rôti au paprika. Egalement quelques recettes de desserts classiques aux fruits.

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Pascale WeeksPar Pascale Weeks. Mieux connaître Pascale.

Vive la Z génération !

FritesRien ne va plus au pays de l’oncle Sam. Voilà que les américains délaisseraient peu à peu leurs icônes préférées (celles de la malbouffe ne manqueraient pas de relever les esprits taquins) au profit d’enseignes plus « responsables » telle Chipotle, la chaîne qui a le vent en poupe en ce moment et qui vend des tacos issus de l’agriculture biologique.

McDonald’s a ainsi vu ses ventes aux Etats-Unis plonger de 4,5 % au dernier trimestre 2014. Du jamais-vu depuis une quinzaine d’années. Idem pour son grand concurrent, Burger King dont les ventes ont fléchies de 1 % en 2013. Quant à Pizza Hut, la plus grosse chaîne de pizzas aux Etats-Unis, voilà huit trimestres de suite que son chiffre d’affaires baisse en Amérique. Coca-Cola ne fait guère mieux, avec une chute de ses revenus américains de l’ordre de 1 % au dernier trimestre 2014. Mais que se passe-t-il donc outre Atlantique ?

Certes, le combat contre l’obésité mené par Michèle Obama herself commence à porter ses fruits. Certes, les chaînes de restauration ont désormais pour obligation d’afficher la valeur calorique de leurs menus. De quoi freiner les ardeurs et nourrir la défiance à l’égard des fast-foods. Certains annoncent déjà un désamour aux Etats-Unis pour l’alimentation de masse au profit d’une cuisine faite maison. Bonne nouvelle, même si on ne peut s’empêcher de penser que le mouvement est encore sûrement ultra-minoritaire et réservé à une population de privilégiés.

Quoi qu’il en soit, un changement est à l’œuvre et il ne s’explique sans doute pas uniquement par des décisions fédérales. Une nouvelle génération de consommateurs est à l’œuvre. Aux Etats-Unis comme ici. Après les Y et X, place aux Z, nés après 1991. Plus équipée, plus connectée, plus informée, tout le monde s’accorde pour louer l’aptitude naturelle de cette génération à évoluer sur les réseaux sociaux. Peu évoquent sa volonté de rompre avec les habitudes de ses aînés qu’elle considère comme « responsables » de tous ses problèmes, quand elle ne les traite pas « d’irresponsables ». Une manière pour elle de s’approprier un monde où elle a du mal à trouver sa place.

légumesPour la génération Z, l’alimentation est un moyen d’expression et une « culture » qui se partage. Une manière d’exprimer sa vision du monde. Pour preuve, entre autres, son engouement pour les productions locales, son penchant pour le bio et la transversalité des habitudes culinaires ou encore sa volonté de revaloriser la street-food à travers le mouvement des food-trucks.

Les acteurs de la « malbouffe » seraient bien inspirés de prendre ces nouvelles attitudes en considération pour faire évoluer leurs offres. Lutter contre l’obésité, c’est aussi savoir répondre aux attentes d’une génération.

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Portrait_PDucheminPar Patrice Duchemin. Mieux connaitre Patrice.

Ce que l’on mange reste une grande illusion

Patrick SerogPar Patrick Serog. Mieux connaître Patrick

 

 

 

Manger, incorporer les aliments étrangers dans la partie la plus intime de notre corps est l’acte le plus important dans notre vie puisqu’il conditionne notre survie.

Pourtant, nous savons tous combien il est difficile de nous rappeler ce que nous avons mangé la veille ou l’avant-veille et combien de repas avons-nous oubliés au cours de notre vie.

Sur les 61 880 repas principaux  consommés au cours d’une vie qui dure 85 ans, il ne reste que quelques souvenirs mémorables dont la nature de l’aliment est souvent liée à l’émotion que nous avons partagée, à ce moment-là, avec les autres ou avec ceux que nous aimons. Comment se fait-il, alors que le plaisir de manger est au centre de nos préoccupations quotidiennes, que  nous gardons si  peu de souvenirs de nos repas ?

Le souvenir de nos repas influence nos comportements alimentaires 

Une étude récente d’une chercheuse Franco-Québécoise en comportement alimentaire, France Bellisle, avait montré que lorsque l’on se souvient du dernier repas, la quantité alimentaire consommée au repas suivant était moindre que quand on avait tout oublié. (1) Il y a bien un bénéfice comportemental dans la régulation de la quantité d’aliments consommés lié à la mémoire de nos actes alimentaires. Est-ce la raison pour laquelle, des amis réunis autour de la table pour un repas convivial, évoquent si souvent des repas exceptionnels qu’ils ont partagés avec d’autres personnes ? L’intention inconsciente me parait plus en faveur d’un partage encore plus intense d’émotions culinaires que celle de diminuer notre portion alimentaire.

Se rappeler  de chaque repas pourrait rendre la vie plus difficile. En effet, en situation de pléthore alimentaire, la  sensation de monotonie des repas pourrait entrainer une certaine désaffection pour l’acte de manger. Si vous décidez de manger tous les jours le même plat, même un aliment que vous aimez particulièrement, vous trouverez, très rapidement,  cela insupportable et vous ne pourrez plus le consommer. Une langouste tous les jours entrainera un rejet tenace pour cet aliment que vous aimiez tant lorsque sa consommation était rare ou exceptionnelle.

Manger seul, en groupe, en écoutant de la musique ou devant la télévision modifie-t-il la quantité et la qualité alimentaire de nos repas ?

Ce que l’on mange dépend également de notre corpulence et des conditions environnementales. Un adolescent de poids normal qui écoute de la musique va manger en plus grande quantité et de préférence des aliments solides que lorsqu’il mange seul ou en groupe.

Pour une ado en surpoids les quantités alimentaires seront supérieures en regardant la télévision plutôt que de manger en groupe ou en écoutant la musique. (2)

On voit combien nous sommes sensibles à notre environnement et que la perception que nous avons de nous-mêmes n’est pas toujours perceptible par notre conscient au jour le jour.

L’oubli est indispensable pour susciter la diversité de notre alimentation

La diversité alimentaire est un point clé de l’acte alimentaire. Nous ne sommes pas des omnivores pour rien. Il est fondamental, pour que notre corps fonctionne au mieux de ses possibilités, de lui apporter tous les nutriments dont il a besoin. Besoins quantitatifs, en mangeant assez pour satisfaire les besoins énergétiques, mais aussi besoins qualitatifs avec des macronutriments comme les protéines, glucides et lipides mais aussi des micronutriments comme les vitamines et les minéraux sans oublier les oligo-éléments qui sont présents en toute petite quantité dans les aliments que nous mangeons.

Nous souvenir de tous les repas risquerait de nous amener à manger de moins en moins et nous conduire progressivement à une dénutrition protéino-énergétique avec son cortège de maladies tant physiques que psychologiques et psychiatriques.

Pour les personnes en surpoids ou souffrant d’obésité, l’illusion de la prise alimentaire est un handicap certain pour le contrôle de leur comportement à long terme. Une attention quotidienne minutieuse de ce qu’il mange entraine à moyen terme une lassitude. Bien que le nutritionniste essaye de varier au maximum les choix alimentaires de leurs patients rendant ces menus beaucoup plus variés que ce que ce dernier faisait spontanément, l’impression de monotonie est beaucoup plus prononcée. Il faut pouvoir oublier ce que l’on mange pour prendre du plaisir et maintenir à long terme une alimentation à peu près constante en terme énergétique et qualitative.

La diversité et l’oubli alimentaire s’exercent sur une période de trois semaines. Les restaurants scolaires et d’entreprises l’ont bien compris puisque le renouvellement des menus a lieu toutes les trois semaines.

Les évolutions du modèle familial se répercutent sur la variété des repas

Pour les menus ménagers, l’affaire est plus compliquée. Les mères et encore plus les pères de famille séparés ont beaucoup de mal à s’astreindre de préparer des menus pour leurs enfants  pour une durée de trois semaines. Très souvent le diner est préparé dans la précipitation, avec ce que l’on trouve dans le réfrigérateur  ou le congélateur ou dans des boites de conserve. Les parents se plaignent de devoir penser tous les soirs à proposer un repas et les enfants reprochent aux parents de manger toujours la même chose. Bien sûr qu’ils ne mangent pas toujours la même chose mais cette illusion est entretenue par le fait qu’il n’existe pas de plan de menus sur trois semaines….le temps d’oublier ce que l’on a mangé précédemment. Cette difficulté parentale est propice à des apports alimentaires  insuffisants en quantité et en variété qualitative. L’exaspération des parents va même les pousser à faire de moins en moins la cuisine et à s’adresser de plus en plus à des plats tous prêts, voire à des traiteurs, comme des traiteurs japonais ou chinois ou des fast-foods. Les sushis, makis et sashimi ont envahi peu à peu notre espace familial parce qu’il n’y a rien à préparer et que ces menus apparaissent très simples et facilement consommables.

L’exotisme de ces plats concourt à l’illusion de la variété alimentaire. Et pourtant vous observerez que vos enfants choisissent toujours les mêmes menus. La monotonie vous colle au cerveau !

On s’aperçoit combien, il est difficile de lutter contre nos illusions de consommation et de variété alimentaire. Pour vous simplifier la tâche, préparer les menus en famille ce qui accentuera la cohésion familiale et on ne pourra pas, à vous les parents, vous faire des reproches en permanence !

1 – Appetite. 2011 Dec;57(3):769-71;discussion 784-90. doi: 10.1016/j.appet.2010.12.023. Epub 2010 Dec 28.
Satiety and body weight control. Promise and compromise. Comment on ‘Satiety. No way to slim’.
Bellisle F, Tremblay A.
Source
Division of Kinesiology, PEPS, Room 0234, Laval University, Québec, Canada G1V 0A6.

2 – Appetite. 2012 Aug;59(1):90-5. doi: 10.1016/j.appet.2012.03.021. Epub 2012 Apr 13.

Influence of environmental factors on meal intake in overweight and normal-weight male adolescents. A laboratory study.

Mekhmoukh A, Chapelot D, Bellisle F.

Source

Université Paris 13, Laboratoire des Réponses Cellulaires et Fonctionnelles à l’Hypoxie, Bobigny F-93017, France.

Précarité alimentaire et santé nutritionnelle

 

Par Guillaume Bapst. Mieux connaître Guillaume

 

 

 

Une double peine : être pauvre et être exposé, plus que d’autres, aux troubles de la santé.

Les personnes qui ont recours à l’aide alimentaire connaissent des contraintes dans leurs conditions de vie qui ont un impact, entre autre sur leur santé nutritionnelle. Ces contraintes naissent de leur statut mais aussi de leurs fortes dépendances à un système associatif caritatif d’aide alimentaire.

En 2004, la première étude en Europe sur l’état de santé nutritionnelle des populations ayant recours à l’aide alimentaire est menée. Dénommée ABENA, elle est publiée par l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire) en 2005.

Menée à grande échelle sur plusieurs points du territoire et sur différentes formes d’aide alimentaire (colis, repas, épiceries solidaires), elle met en exergue un déficit de consommation de différentes familles de produits.

Les fruits et légumes, le poisson et les produits laitiers sont les parents pauvres et sous représentés dans la consommation de ces populations précaires. En effet, l’étude ABENA a pu démontrer que :

  • Seuls 1,2 % de ces personnes s’inscrivaient dans les repères de consommation du P.N.N.S. (Programme National Nutrition Santé), la consommation de 5 fruits et légumes par jour.
  • Seuls 9,2 % s’inscrivaient dans les mêmes repères de consommation des produits laitiers.
  • Enfin seuls 27,3 % de ces personnes consommaient du poisson et s’inscrivaient dans les repères du P.N.N.S.

Cet état alarmant met en lumière de manière criante le manque de diversité dans l’alimentation des plus précaires mais plus encore interroge sur les risques et maladies (obésité, maladies cardio-vasculaires, cholestérol et autres troubles de la santé) que nous leur faisons courir.

Pour autant, tout est-il lié à un coût excessif des denrées alimentaires et des manques de savoir-faire culinaire?  Bien évidemment que non,  cela serait trop simple !

J’en fais une autre lecture qui vient s’additionner.

L’aide alimentaire en France est basée sur la récupération et le don. Il est plus facile et moins coûteux de récupérer des boites de conserves, des sodas, des mets déjà préparés et sous vide plutôt que des produits frais et non travaillés.

Car tous ces produits manquant dans l’aide alimentaire sont tributaires d’une logistique complexe, nécessitant rapidité et d’une logistique du dernier kilomètre. Hors tout ces paramètres alourdissent le coût logistique.

Ne faut-il pas se poser la question autrement : Le défi n’est-il pas de passer d’une logique de remplir « des ventres » à apporter à « ces mêmes ventres » plaisir, qualité et diversité alimentaire, pour lutter efficacement contre ce fléau de nos sociétés modernes, la précarité alimentaire ?

Innovation culinaire: un marqueur de notre société

Patrick SerogPar Patrick Serog. Mieux connaître Patrick

 

 

L’innovation culinaire est souvent le reflet de l’évolution sociologique de nos sociétés.

Elle comporte plusieurs aspects : gastronomique, avec une évolution des recettes de cuisine traditionnelle,  technologique, avec de nouveaux ustensiles de cuisine pour développer le goût et protéger les propriétés nutritionnelles des aliments frais avant transformation, et sociologiques car ces innovations sont les précurseurs de l’évolution du comportement des familles et des mœurs.

Gastronomie.

L’art culinaire, et c’est précisément sa force, revisite en permanence les recettes traditionnelles. Revisitation par de nouveaux chefs de cuisine au travers de livres de recettes ou par  les internautes eux-mêmes sur de nombreux sites internet. L’industrie agroalimentaire n’est pas en reste et de nouvelles recettes de plats tout préparés attirent surtout le chaland célibataire.

Le retour aux produits « naturels » est une tendance qui s’affirme de jour en jour comme celle de cuisiner ces aliments frais avec le moins d’ingrédients possible pour rechercher le goût initial du produit. Depuis les campagnes anti sel on voit se développer des recettes avec des herbes fraîches et des épices de plus en plus nombreuses.

Le mélange sucré salé est de plus en plus présent dans les menus des restaurants et des plats industriels vendus en grande surface. Il est le témoin d’une mondialisation de l’alimentation. Et nous voyons fréquemment de grands chefs étoilés parcourir le monde à la recherche d’épices et de goûts exotiques afin de les intégrer dans leurs recettes habituelles.

Technologie.

De nouveaux ustensiles de cuisine ont fait leur apparition comme une friteuse préparant  des frites fraîches ou mijotant différents plats en sauce avec très peu d’huile réduisant ainsi la consommation de graisses quotidiennes, des cuiseurs vapeur automatiques à plusieurs étages permettant de préparer en même temps un plat principal (viande, poisson ou crustacés) et son accompagnement et préserver au mieux les vitamines et minéraux.

Sociologie.

Un retour au fait maison. Le temps est précieux et après une journée de travail, se mettre à faire la cuisine n’est pas une chose facile. Pourtant la tendance est là et s’occuper de soi et de son plaisir est très important dans une vie. Faire à manger y contribue.

Mais peut-être encore plus manger en famille peut redonner ce rythme de vie dont nous avons besoin pour ne pas être déstructuré. De même qu’aider nos enfants à cuisiner, s’ils en ont le goût, ou préparer une belle table, donne un sens à ce que nous cuisinons et pour qui nous le faisons.

La culinarité sous toutes ses formes évolue au gré des transformations de notre société. Et les modes culinaires sont le reflet de notre évolution.

La mode du moins salé a certainement au départ des bases scientifiques pour diminuer les risques de maladies cardiovasculaires, mais elle est très vite récupérée par des courants sociologiques pour en faire une norme. On se demande même comment on faisait avant pour manger si salé. Pourtant si l’on exagère dans la suppression de sel on risque chez les personnes âgées des pertes de goût et de plaisir et des dénutritions parfois irréversibles. De même si on ne sale pas assez les produits de charcuteries, on induit des risques de contaminations bactériennes. D’où la nécessité dans nos attitudes quotidiennes du juste milieu et de la bonne mesure !

Un autre exemple de mode culinaire est le régime « sans gluten ». Supprimer tous les aliments contenant du gluten, comme le pain, les pâtes et  les aliments issus du blé ou du seigle pour des personnes qui n’ont pas d’intolérance au gluten sont un non-sens nutritionnel. La peur du gluten amène l’exclusion de centaines d’aliments par des consommateurs désorientés, apeurés. Ces attitudes de peur ont des conséquences nutritionnelles et psychologiques.

L’innovation fait peur comme à toutes les époques. Elle conforte dans certaines populations des peurs irrationnelles, car nous connaissons si peu de chose sur l’origine de la vie et son devenir dans un monde qui avance si vite. Pourtant elle est source de plaisir, d’amélioration de notre confort de vie et de partage avec ceux avec qui nous vivons et que nous aimons.

Alors, laissons-nous aller un peu pour profiter de la vie moderne sans pour autant perdre notre raison dans des comportements extrêmes qui nous seront préjudiciables à long terme.

La cuisine des vacances

Pascale WeeksPar Pascale Weeks. Mieux connaître Pascale

 

 

 

Nous l’avons attendu avec un brin d’impatience, l’été est là et avec lui les vacances.

Que nous partions ou non, la cuisine des vacances est le plus souvent synonyme de rupture par rapport à notre routine quotidienne et c’est cela qui est bien agréable à mon sens.

Je trouve toujours suspect, voire un peu triste les personnes qui recréent sur leur lieu de vacances leur univers quotidien à l’identique, y compris dans leur manière de faire les  courses et de cuisiner. J’ai connu une amie qui passait des heures à déménager le contenu de ses placards de cuisine pour finalement cuisiner « local » et transporter dans l’autre sens tout ce qu’elle avait apporté à l’aller.

La vraie cuisine des vacances pour moi est une cuisine plus simple, plus décontractée car déconnectée de nos contraintes habituelles. C’est certainement la cuisine qui ressemble le plus à ceux qui la préparent.

La cuisine des vacances est spontanée.

Exit les listes de menus et les placards bien remplis de nos produits habituels. C’est tellement plus agréable de se laisser guider par ses envies du moment en achetant au jour le jour. C’est d’ailleurs un des secrets pour ne rien gâcher. C’est durant les vacances que je prends plaisir à acheter les fruits et les légumes en petites quantités, pour les manger au meilleur de leur maturité et établir In Petto le palmarès des fruits et des légumes frais de la région.

La cuisine des vacances est découverte.

Flâner sur les marchés locaux ou aller à la rencontre des producteurs, c’est un moyen de découvrir une région par ses trésors gastronomiques. C’est aussi la meilleure astuce pour consommer des produits locaux de manière naturelle et pratique. Dès que l’on s’éloigne de chez soi, on devient plus curieux, tout semble plus exotique, simplement parce que l’on prend le temps de regarder, d’écouter et de toucher, plutôt que de foncer vers ses marchands habituels.

La cuisine des vacances est simple.

A moins d’avoir une âme de nomade en transportant sa cuisine, en vacances, nous avons souvent moins de choses pour cuisiner et cela nous oblige à faire simple.  Ce n’est pas désagréable et c’est un bon moyen de se recentrer sur les produits et sur le goût. Je garde un souvenir ému d’une simple salade de tomates anciennes cultivées en plein champs dans le Lot que nous avions accompagnée de petits oignons nouveaux, d’herbes du jardin, d’une très bonne huile d’olive, d’un pain au levain et de fromages de Rocamadour achetés directement à la ferme.

La cuisine des vacances est partage.

Si durant l’année, nous cuisinons en majorité seule ou seul, en vacances, c’est différent car on retrouve ou on découvre le plaisir de faire des courses à deux, voire en groupe, de partager ses idées, ce qui permet de sortir de ses classiques et de préparer ensemble un repas. Tout cela est très enrichissant et laisse de merveilleux souvenirs.

La cuisine des vacances est plaisir et équilibre 

C’est drôle de remarquer qu’en vacances, on prend le temps de se faire plaisir en cuisinant et qu’au bout du compte, on se laisse guider naturellement par des choses qui nous font du bien. C’est comme si, libérés de toute contrainte, notre cuisine devenait naturellement équilibrée.

Comme tous les ans, on se promet de cuisiner sur ce rythme pendant toute l’année. Certains y arrivent et d’autres reprennent leurs bonnes vieilles habitudes, jusqu’à l’été prochain.

Par Pascale Weeks. Mieux connaître Pascale.