Archives par étiquette : exposition

La table par le menu

Couverture dossier de presse. © Lysiane Gauthier. Fond : Menu du 5e dîner des Compagnons de la Belle Table, Dessin original de Zig Brunner, Restaurant de l’Horloge, Paris, 18 février 1948, collection privée Jean-Maurice Sacré

Couverture dossier de presse. © Lysiane Gauthier. Fond : Menu du 5e dîner des Compagnons de la Belle Table, Dessin original de Zig Brunner, Restaurant de l’Horloge, Paris, 18 février 1948, collection privée Jean-Maurice Sacré

Dis-moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es. Tout le monde connaît le vieil adage. Dis-moi comment tu parles de ce que tu manges, je te dirais à quelle époque tu vis est une question qui mérite aussi d’être posée. Une bonne manière de mieux comprendre ce qui nous entoure.

Premier arrêt : Bordeaux, gare Saint Jean. Le musée des arts décoratifs de « la belle endormie » propose, jusqu’à fin février, une bien intéressante exposition sur le thème des menus. L’occasion de revivre des dîners prestigieux, hantés par les présences de Jacky Kennedy, du Shah d’Iran ou de la Reine Elisabeth. Mais aussi, de découvrir les menus populaires du temps des disettes ou encore ceux qui furent servis aux soldats des différentes guerres. Un pan entier d’histoire à table.

Des menus dans un musée ? La bonne idée que voilà, car ils nous renseignent autant sur notre relation à la nourriture que sur nos attentes. Ils nous racontent leur temps aussi bien que toutes les peintures et sculptures des musées réunies.

 

 

Deuxième arrêt : Paris, XIème arrondissement, station Velib’. Bienvenue à Foodingland et ses nombreux restaurants à bobos repus de storytelling. Bois naturel, murs bleu canard, lampes à filaments apparents, carreaux de ciment, bar en marbre, petites plantes vertes et touches de couleurs de-ci, de-là, ils se reproduisent en s’imitant. Leurs menus à eux aussi, nous parlent. Que raconteront-ils, demain, à ceux qui se pencheront sur les années 2000 ?

Menu du 17e dîner des Compagnons de la Belle Table, dessin original  de J.Sauvage, La Maison Prunier, Paris, 26 janvier 1950, collection  privée Jean-Maurice Sacré, © Mathilde Delanne -  madd Bordeaux

Menu du 17e dîner des Compagnons de la Belle Table, dessin original de J.Sauvage, La Maison Prunier, Paris, 26 janvier 1950, collection privée Jean-Maurice Sacré, ©Mathilde Delanne -madd Bordeaux

Leur forme, tout d’abord, les renseignera sur notre penchant du moment pour les mises en scène d’une simplicité étudiée. Une manière de communiquer la complicité et la proximité entre le chef et ses convives. Des feuilles de papier libre, blanches ou couleur kraft, sur lesquelles le menu a été imprimé (voire écrit à la main) le matin pour la journée. Pas de fioritures. Deux entrées, deux plats, deux desserts. Parfois trois. Rarement plus. A peine le nom de l’établissement et une date. Le chef est inspiré comme un auteur. C’est un artiste.

Le choix des mots, ensuite. Peu de description de plats, encore moins d’envolées lyriques pas toujours faciles à saisir. Des listes d’ingrédients précis, sourcés et porteurs de forts imaginaires. Légumes oubliés, poissons rares, viandes maturées, baies élues, fruits aux consonances d’ailleurs. Quelques références géographiques renseignent sur les origines, complétées par des précisions scientifiques sur les modes et les températures de cuisson. Parfois le crû est préféré au cuit. Le menu est d’abord là pour porter l’inspiration du chef. Une vision du monde.

De la sobriété, de la créativité expérientielle et une touche de conscience environnementale : voilà qui décrit plutôt bien les attentes actuelles. Hier, les noms des plats et l’énumération de leurs ingrédients contribuaient au fantasme de l’assiette. Aujourd’hui, ce sont le choix des ingrédients et leurs modes de cuisson qui ont pris le relai. Chaque époque a les mots qu’elle attend.

 

Menu du déjeuner de Gaston Doumergue au palais d’été du gouverneur à Alger lors des célébrations données en l’honneur du centenaire de l’Algérie, 4 mai 1930, collection privée Jean-Maurice Sacré. © madd Bordeaux - Mathilde Delanne

Menu du déjeuner de Gaston Doumergue au palais d’été du gouverneur à Alger lors des célébrations données en l’honneur du centenaire de l’Algérie, 4 mai 1930, collection privée Jean-Maurice Sacré. © madd Bordeaux – Mathilde Delanne

Imagine-t-on un menu fooding proposant une « salade croquante en costume de nos régions » suivie d’un « trésor de l’océan » ou d’un « prince des près à la saveur champêtre » et, pour terminer, une « cascade de gourmandises » ? Ce sont pourtant ces mots qui figurent encore souvent sur les menus de nombreux restaurants.

Ringards pour les uns, charmants et poétiques pour d’autres, inspirés des menus des rois comme l’est le mobilier Louis XVI proposé par Roche Bobois, ils portent une certaine vision de la cuisine populaire que le Fooding aura bien du mal faire oublier. Le succès de la peinture conceptuelle n’a jamais découragé les peintres du dimanche.

Menu du 59e dîner des Compagnons de la Belle Table, dessin original de Charles Genty, La Grande Cascade, Boulogne, 21 mai 1957, collection privée Jean-Maurice Sacré. © madd Bordeaux - Mathilde Delanne

Menu du 59e dîner des Compagnons de la Belle Table, dessin original de Charles Genty,La Grande Cascade, Boulogne, 21 mai 1957, collection privée Jean-Maurice Sacré. © madd Bordeaux – Mathilde Delanne

Exposition « L’Histoire se met à table, les menus de la collection Jean-Maurice sacré », du 17 Novembre 2016 au 28 Février 2017, au Musée des Arts Décoratifs et du Design de Bordeaux.

Par Patrice Duchemin

Portrait_PDucheminMieux connaître Patrice.

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger :

LaTableParLeMenu_PDuchemin_OCPop

 

La cuisine populaire au service de l’art ou l’art au service de la cuisine populaire ?

Et si on mettait un peu d’art dans la cuisine populaire ?

Une jeune photographe Stéphanie Lacombe a photographié des dizaines de familles lors de leur diner. Un regard intimiste, bienveillant, qui nous parle du quotidien. Moment ou toute la famille se retrouve, ou les relations transparaissent.

Elle nous parle des habitudes alimentaires des Français, de ce qu’ils mangent bien sûr mais aussi de comment ils cuisinent, des produits qu’ils consomment, de leur éducation alimentaire. Au travers de la photographie de leur cadre de vie, cette artiste transpose avec beaucoup de justesse  la réalité de dizaines de Français.

La table de l'ordinaire « Ma photographie observe l’ordinaire pour faire ressortir l’extraordinaire d’un instant banal. Je n’oriente pas mon travail sur la nourriture mais plutôt sur le comportement à table de nos concitoyens, chez eux, dans leur intimité. La société de consommation conditionne et inculque un goût de l’uniformité, tout est standardisé et labellisé : de la voiture à la purée lyophilisée, de notre salon à nos habits de marques. Du repas chez soi qui semble banal parce qu’il est répété trois fois par jour tous, (on dîne à la même place, même heure, même assiette) naît un instant unique. En brisant l’anonymat, en ouvrant de nouvelles lucarnes sur l’intimité, agrégat de solitudes, de démons et de beauté, comment raconter la vie ordinaire des habitants, en donnant à voir la matière unique des êtres ? Ces images dévoilent la manière dont nous vivons dans notre sphère intime et familiale dans un pays ou le repas à table est encore sacré. »

Immortaliser des moments simples,  des instants de vie pour mieux nous restituer ce qui appartient à notre culture, à celle des autres. Les différences s’additionnent, se mêlent pour créer une culture populaire.

Ici, la photographie rencontre la cuisine populaire et la met à l’honneur. Pour découvrir les photos de Stéphanie Lacombe, cliquez ici

Contenus libres de droits. PDF à télécharger: Art&CuisinePopulaire_MDufau_OCPop

MireilleDufauANDESPar Mireille Dufau. Mieux connaître Mireille.

 

 

 

Exposition Cookbook : L’Art et le processus culinaire

Jusqu’au  09/01/2014.

Non, il ne s’agit pas d’une exposition sur les livres de cuisine ! Mais d’une exposition explorant  les rapports entre création  culinaire et  création artistique.

Le Palais des Beaux-Arts de Paris, galerie d’exposition de l’école des Beaux-Arts, a invité vingt des plus grands chefs français et étrangers à créer une œuvre d’art à partir de leur travail créatif en cuisine, dans le cadre d’une exposition intitulée « Cookbook, l’art et le processus culinaire » . En parallèle des artistes contemporains exposent leurs œuvres liées à la cuisine et au repas.

« Comment peut-on traduire la créativité culinaire dans une exposition ? » interroge Nicolas Bourriaud, directeur de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts.

« En France, on considère tellement la cuisine comme une culture qu’on a du mal à la voir comme un art », considère le directeur et commissaire général de l’exposition.

Comme le cinéma dans les années cinquante, la cuisine bénéficie aujourd’hui d’une « politique des auteurs » et d’une critique capable d’en déchiffrer les motifs et les enjeux.

L’enjeu principal de l’exposition: situer la création culinaire dans le champ culturel contemporain. Au‐delà d’une énième illustration des rapports entre l’art et la cuisine, montrer que tous deux partagent aujourd’hui des problématiques communes.

« Cookbook » fait aussi entrer la cuisine au musée…. !

C’est où ?

Au Palais des Beaux-arts de Paris
13 quai Malaquais
75006 Paris

Ouverture du mardi au dimanche de 13h à 19h
Prix du billet : 7.5€ ‐ gratuit pour les moins de 18 ans
Métro Ligne 4 : Saint‐Germain‐des‐Prés.

http://www.beauxartsparis.com

 

Cookbooket sinon procurez-vous le livre !

328 pages, 38 euros

Editeur : ENSBA (23 octobre 2013) – Collection : BEAUX-ARTS DE Paris

ISBN-13: 978-2840564065

Cuisine de rue : un concours, une expo, un livre….

Par Diane Galland. Mieux connaître Diane

 

 

La street-food a le vent en poupe si on en juge par l’explosion des food trucks ou cantines mobiles éphémères…! On semble la redécouvrir, les chefs, même étoilés s’en emparent! Et pourtant,  de tous temps et partout, on mange dans la rue. Ce n’est pas nouveau !

En Asie, en Europe, en Amérique… Quels que soient les moyens utilisés : à même le sol, sur des brouettes, barques, camionnettes… ; il existe de par le monde une multitude de cuisines mobiles.

Une exposition intitulée « Ma cantine en ville » et menée en partenariat avec le VIA (valorisation de l’innovation dans l’ameublement), l’école supérieure du bois de Nantes (44) et Quick a permis de découvrir jusqu’à décembre 2013 un panorama mondial  en photos et dans 140 villes des pratiques actuelles de restauration de rue : New York, Hanoï, Berlin, Londres…roulotte

remorquesDes images montrant la variété des cantines (brouettes, tricycles,remorques…)  exposant les conditions nécessaires (formalités administratives, climats, réglementations sanitaires, capacités d’accueil de l’espace public).

Parallèlement, on découvrait des créations originales et innovantes émanant d’étudiants sur le thème de la cuisine de rue, résultat de la 5e édition du concours Minimaousse, lancé en 2012 auprès des écoles françaises d’architecture, de design, d’art, d’ingénieur et de paysage devant répondre à une question : «Comment nourrir et se nourrir dans la densité et l’extension infinie de nos villes, et comment faire pour que ces moments soient facteurs de sociabilité?» en imaginant  une petite structure pouvant assurer un maximum de fonctions culinaires: un dispositif, «objet hybride entre meuble, véhicule et architecture».  400 dossiers reçus, 30 projets sélectionnés. Ils étaient  présentés et mis en scène, sous la forme de 5 prototypes (5 lauréats) et 25 maquettes, à la Cité de l’architecture et du patrimoine.

livre

 

Il est trop tard pour voir cette exposition, mais vous pouvez vous procurer son livre ! Car le concours  a fait l’objet d’une publication originale, à se procurer impérativement aux Editions alternatives – Paru le 31 octobre 2013,  25 € ISBN : 978-286227-807-0