Archives par étiquette : relais

Restos routiers sympas !

Ce qu’il faut retenir de l’article :

Les Relais Routiers n’ont pas besoin de se déclarer « Populaire » puisqu’ils le sont et leur devise « bon accueil, qualité irréprochable et excellent rapport qualité/prix » nous laisse deviner cette cuisine quelque peu « invisible » faite de la nécessité du quotidien, avec plaisir.

Isabel Lepage : « un Restaurant Routier, c’est l’endroit où quand on pousse la porte, nous nous retrouvons sans chichi, dans l’instant et la nécessité d’une cuisine simple, sans prétention d’être autre chose. »

Le restaurant Routier a un imaginaire efficace, un truc d’hommes en marcel, qui nous fait espérer une nourriture réconfortante, ancrée de plein pied dans ce que nous avons en tête comme images de la cuisine populaire.

Isabel Lepage

Portrait d’Isabel Lepage

Parler de restaurants Routiers a sans doute quelque chose de nostalgique, qui pourrait nous faire fredonner: « De toutes les routes de France d’Europe, Celle que j’préfère est celle qui conduit, En auto ou en auto-stop, Vers les rivages du Midi, nationale sept,… ». Pourtant, ces restaurants qui existent depuis 1934, font toujours partis du paysage des routes françaises. En 2014, le guide des Relais Routiers, l’année de ses 80 ans, a été édité à 14000 exemplaires. Si jusque dans les années 80, pour pouvoir adhérer à ce guide et apposer à sa devanture le célèbre logo bleu et rouge il était obligatoire de proposer un parking Poids Lourd, des douches, et servir des repas midi et soirs aux conducteurs routiers, aujourd’hui pour être un restaurant routier il suffit de s’acquitter de la cotisation annuelle de l’association.

Vous pouvez d’ailleurs consulter son site internet pour trouver le Routier le plus proche de chez vous. N’empêche, le restaurant Routier a un imaginaire efficace, un truc d’hommes en marcel, qui nous fait espérer une nourriture réconfortante, ancrée de plein pied dans ce que nous avons en tête comme images de la cuisine populaire. Le guide des Relais Routiers, appelé parfois, le « Guide Rouge » réunit 900 adhérents.

Durant l’été 2011, le journal Libération avait fait paraître une série de 6 articles, pleins d’humanité, en partie consacrée à ces Relais Routiers. Un feuilleton social baptisé « resto prolo » comme s’il était plus facile de parler de prolétariat en parlant cuisine qu’en parlant condition de travail. Les Relais Routiers n’ont pas besoin de se déclarer « Populaire » puisqu’ils le sont et leur devise « bon accueil, qualité irréprochable et excellent rapport qualité/prix » nous laisse deviner cette cuisine quelque peu « invisible » faite de la nécessité du quotidien, avec plaisir.

C’est à la rencontre des Relais Routiers qu’Isabel Lepage a fait 5000 kilomètres sur les routes de France, accompagnée du photographe Louis-Laurent Grandadam. Elle en a fait un livre attachant, paru aux éditions Tana (1), où il est possible de découvrir 19 Relais. A notre goût, il y a peut être un peu trop de recettes et pas assez de rencontres et de portraits, mais c’est une magnifique baguenaude dans une certaine vision de la gourmandise, assez éloignée des habituelles présentations télévisuelles de la cuisine loisir. Nous avons rencontré Isabel pour lui demander les raisons de son choix et sa perception de ces restaurants de bord de route.

OCPop : Comment est née cette idée de partir à la rencontre des Restaurants pour routiers?

Couverture du livre cité par Isabel et qui l’a inspiré

Isabel Lepage : « Il y a une dizaine d’année, quelqu’un m’avait offert un drôle de livre, «Plates in Dishes », un road movie réalisé par Stéphan Schacher. Muni d’un petit appareil photo, l’auteur a réalisé un tour des Etats-Unis et du Canada, des bistrots de bords de route. Dans chaque « dîner », il a fait le portrait de la serveuse, de l’assiette qu’elle lui avait servi et juste fait des petites fiches avec : nom du bistrot, de la serveuse, heure du repas, lieu, prix du repas et des plats. Ce livre, un peu étrange, était dans un coin de ma tête. Il se trouve qu’à cette époque, j’étais un peu saturée d’écrire des histoires d’apéro dinatoire et c’est juste à ce moment de ma vie qu’un nouvel amoureux m’a invité à dîner dans un resto routier à côté d’Auray. Et c’est là que je raccorde les deux histoires. Road movie américain et restaurants de bord de route d’ici, une histoire très française et très populaire, qui me semblait passionnante à raconter, pleine de réalité, et bien loin de ce que nous regardons à la télé. Ce livre, c’est donc une histoire de road trip en France, balisé par ces portraits de restaurateurs des bords de route : les Routiers. »

OCPop : Comment avez vous choisi les 19 routiers de votre livre?

Isabel Lepage : « J’ai fait une pré-sélection avant de prendre la route, à partir du guide des Relais Routiers, ceux signalés par le célèbre logo.  J’ai pris une carte de France, en faisant des étapes d’environ 300km et en choisissant ceux qui étaient

Couverture du livre d’ Isabel Lepage

Couverture du livre d’ Isabel Lepage

signalés par une casserole, sigle indiquant une certaine qualité culinaire. J’ai téléphoné à ceux que j’avais coché, mais ils n’ont pas tous bien compris ma démarche, certains pensaient que je voulais leur vendre quelque chose. Je me faisais parfois rembarrer. Après il y a ceux qui ont compris et avec qui cela s’est merveilleusement passé. Quand aux recettes, ce sont leurs choix de cuisine, pas le mien. La seule contrainte que je leur imposais, c’était un truc local, mais ce n’était pas très compliqué, le choix des recettes arrivait de suite. » 

OCPop : Pour quel prix mange-t-on dans ces restaurants? 

Isabel Lepage : « Le prix maximum dans ces Relais Routiers pour un menu avec, entrée, plat, dessert, parfois fromage et quart de vin, c’est aux environs de 13,5 euros. Comment arrivent-ils à ce tour de force? Ce n’est visiblement pas facile tous les jours et ils sont tenus de développer une certaine intelligence du marché. Ils jouent sur les quantités, les bas morceaux, voir la triperie, en s’adressant directement aux producteurs pour éviter les intermédiaires, parfois aussi avec des lots arrivant en limite de date limite de consommation, la fameuse « DLC », et aussi en travaillant des carcasses ou des demi-carcasses qu’ils débitent eux-mêmes. Mais c’est un monde pas facile et ils font aussi appel aux grands fournisseurs de la restauration. En fait, ils font comme ils peuvent, sans la prétention de faire autre chose. »

OCPop : Comment définiriez-vous un Restaurant Routier ?

Isabel Lepage : « C’est l’endroit où quand on pousse la porte, nous nous retrouvons sans chichi, dans l’instant et la nécessité d’une cuisine simple, sans prétention d’être autre chose. C’est efficace, on ne vous fait pas de ronds de jambe, c’est une restauration où on ne se sent pas obligé. C’est dur pour eux, parce que les routes se détournent en autoroutes, mais aussi parce que de plus en plus les franchisés internationaux s’installent partout. Il y a aussi les changements du métier de routier. Aujourd’hui les camions sont de véritables maisons sur roues et chaque chauffeur peut faire son frichti au pied du camion. 

(1) « Les Routiers, les meilleurs recettes », Isabel Lepage, photographies Louis-Laurent Grandadam, Tana éditions 2015.

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger : LesRestaurantsPopulaire_RestosRoutiersSympas_OCPop

Le Kenyah

 

Crédit Photos de Louis Laurent Grandadam

Crédit Photos de Louis Laurent Grandadam

Malheureusement, vous ne trouverez pas dans le livre d’Isabel Lepage et Louis-Laurent Grandadam, ce fameux Routier à l’origine du livre où un amoureux l’avait emmené diner. Ce fameux Kenyah n’est pas adhérent des Relais Routiers. L’utilisation du logo en couverture de son livre l’a contrainte à ne présenter que des restaurants présents dans le fameux guide. Mais heureusement, et surtout très gentiment, Isabel et Louis-Laurent nous ont aimablement confié ce tout premier texte, les recettes et ces toutes premières photos.

Chef Joël BORILLER

Crédit Photos de Louis Laurent Grandadam

Crédit Photos de Louis Laurent Grandadam

Joël, le patron très charismatique du Kenyah depuis bientôt 30 ans, est au restaurant de 6h30 à 22h non stop. Comme le capitaine d’un bateau il ne bouge pas de son poste, il gère tout, s’occupe de tout et cuisine tout « maison » bien évidemment. Toute la charcuterie boudins, saucisses, merguez, terrines sont préparés dans son laboratoire. Il fume le lard et les magrets de canard dans son fumoir, cuit les pizzas au four à pain et prépare le feu pour griller les viandes au barbecue. Le menu est conséquent et généreux comme le patron, soupe de poisson, tartare, entrecôte, dorade ou morue, la clientèle d’habituée ne s’y trompe pas car le choix est large et la cuisine toujours très appréciée. La réputation de ce grand Monsieur a dépassé les limites de la Bretagne ce qui est bien mérité.

Encornets à la marseillaise

Pour 4 personnes

Préparation 15 minutes

Cuisson 5 à 8 minutes

  • 800g d’encornets
  • 5cl d’huile d’olive
  • 1 bonne c à soupe de « d’arôme saveurs » Maggi
  • 1 c à café d’épices « rizdor » Ducros (paprika gingembre coriandre)
  • 1 louche de sauce tomate avec morceaux
  • 1 c à café de persillade
  • Poivre

Coupez les encornets en lamelles (à vérifier avec la photo)

Chauffez l’huile dans une poêle et faites saisir les encornets dedans.

Déglacez avec l’Arôme Saveurs et ajoutez les épices.

Mélangez avant d’ajouter la sauce tomate.

Laissez réduire 5 min. ajoutez la persillade. Mélangez, poivrez.

Servez cette recette accompagnée de riz par exemple

Cervelle persillée 

Pour 4 personnes

Préparation 20 minutes

Cuisson 5 minutes

  • 4 cervelles de porc
  • 100g de farine
  • 100g de beurre
  • 1 filet d’huile
  • 1 filet de vinaigre de vin
  • 1 c à soupe de persillade
  • Sel et poivre

Faites dégorger les cervelles dans un récipient avec de l’eau vinaigrée, pendant 3 h.

Égouttez-les.

Dans une poêle, faites fondre 50g de beurre avec l’huile.

Farinez les cervelles avant de les saisir de chaque côté dans la poêle chaude.

Salez et poivrez.

Réservez les cervelles.

Déglacez le jus de cuisson au vinaigre et ajoutez le beurre restant coupé en morceaux et la persillade.

Mélangez pour obtenir une sauce.

Remettez les cervelles dedans, retournez-les et servez-les.

 

Crédit Photos de Louis Laurent Grandadam

Crédit Photos de Louis Laurent Grandadam

Bulots mayonnaise

Pour 4 personnes

Préparation 15 minutes

Cuisson 30 à 40 minutes

  • 800g de bulots dégorgés
  • 3 branches de thym
  • 3 feuilles de laurier
  • 4 gousses d’ail en chemise
  • 1 c à soupe de gros sel
  • 1 c à café de poivre noirs concassés
  • 1/2 c à café de piment de Cayenne

Mayonnaise :

  • 1 jaune d’oeuf à température
  • 1 c à soupe de moutarde
  • 1 c à café de vinaigre
  • 10cl d’huile végétale
  • Sel et poivre

Faites chauffer de l’eau dans un grand faitout avec le thym, le laurier, les gousses d’ail, le gros sel, le poivre et le piment.

Lorsque l’eau bout, plongez les bulots dedans.

Quand l’eau se remet à bouillir compter 30 min. de cuisson puis éteignez le feu et laissez refroidir les bulots dans le jus de cuisson.

Égouttez-les et réservez-les au réfrigérateur si vous ne les dégustez pas tout de suite.

Préparez la mayonnaise.

Dans un saladier, battez à la fourchette, le jaune d’oeuf avec la moutarde et le vinaigre.

Versez progressivement l’huile dedans tout en continuant de fouetter à la fourchette.

Montez la mayonnaise ainsi, salez et poivrez.

Filmez et réservez au réfrigérateur jusqu’au moment de déguster les boulots.

Le Kénéah ZAE du Keneah. 56400 Plougoumelen Tel. 02 97 56 25 37 Accès zone nord de l’autoroute A82 Sens Vannes Lorient

Tous nos contenus sont libres de droits. Téléchargez le PDF : LesRestaurantsPopulaire_LeKenyah_OCPop