Archives par étiquette : réseaux sociaux

Quand les réseaux sociaux s’emparent de la cuisine populaire

 

pommes-de-terre-a-la-suedoise-aux-poivrons-et-rondeleVous ne pouvez même pas imaginer comme les réseaux sociaux du type de Pinterest ou Instagram changent notre manière de cuisiner. Quand les blogs de cuisine ont démarré en France en 2004, c’était alors le seul moyen de partager sa cuisine du quotidien en image et de manière virtuelle. Aujourd’hui, qui n’a pas publié une photo de son petit-déjeuner, son dernier gâteau ou son repas du dimanche sur le net ? C’est d’autant plus vrai avec l’avènement de réseaux sociaux où l’image est reine, comme Pinterest ou Instagram.

Et du coup, tout change.

On devient alors plus attentif à l’esthétisme des choses. Certains vont se lancer dans des gâteaux dignes d’un grand chef pâtissier. Ils ne sont qu’une minorité car cela demande du temps, un minimum d’ustensiles et un certain talent.

En revanche, ce que j’observe depuis quelques années, c’est cette cuisine populaire qui devient super visuelle et qui prend donc un sacré coup de jeune.

Pour schématiser :

Avant, pour le goûter du dimanche, on faisait un gâteau au chocolat, une tarte aux pommes ou un gâteau au yaourt. Aujourd’hui, le gâteau au yaourt se retrouve paré d’un joli glaçage avec des zestes de citron, c’est plus photogénique. Le gâteau au chocolat est servi avec une sauce caramel au beurre salé qui coule sur le gâteau, c’est beaucoup plus « gourmand », tandis que la tarte aux pommes est préparée dans un moule rectangulaire, tellement plus fun.

La cuisine familiale se doit d’être jolie pour cartonner sur les réseaux sociaux. Cette nécessité rend les gens incroyablement créatifs dans la cuisine du quotidien.

C’est comme cela que des aliments humbles comme la pomme de terre n’ont jamais eu autant le vent en poupe. Aux États-Unis, les pommes de terre Anna, grand classique de la cuisine traditionnelle française (rondelles de pommes de terre ultra fines, arrosées de beurre clarifié puis cuites dans des moules à dariole) se retrouvent préparées dans de simples moules à muffins. Une fois démoulées, elles sont agrémentées de thym frais, ça rend tellement mieux sur les photos. Les puristes ajouteront même du sel de Maldon, cristaux particulièrement photogéniques.

Le côté positif de cet engouement du joli, est qu’il permet de remettre en lumière des grands classiques de la cuisine populaire quand ils ont un potentiel photogénique.

Il y a toujours eu des engouements démesurés pour certains aliments, comme les tomates séchées dans les années 90 mais avec les réseaux sociaux, ça peut déraper. C’est le cas de l’avocat, porté aux nues car c’est du bon gras mais surtout car sa couleur verte et sa texture sont très photogéniques. La forte demande, notamment en provenance des pays anglo-saxons pose des problèmes de déforestation dans les pays producteurs comme le Mexique par exemple. Les agriculteurs font en effet de la place à la culture de l’avocat, devenue rentable. Ils font abstraction du fait qu’elle est très gourmande en eau, ce qui implique de laisser les autres cultures se déshydrater, tout comme les animaux qui y vivent.

Heureusement, ces cas sont assez isolés et je suis ravie d’avoir vu certains mets devenir so cute grâce aux réseaux sociaux. C’est le cas du gâteau marbré de notre enfance qui devient un joli gâteau pastel grâce au thé Matcha. La pomme de terre à la suédoise, un mets ancien, devient incroyablement sexy avec des légumes colorés ou une profusion d’herbes.

Comme les grands chefs pâtissiers partagent de plus en plus leurs créations sur les réseaux sociaux, cela influence jusqu’à nos tartes aux pommes qui deviennent soit très graphiques, soit poétiques comme la tarte aux pommes bouquet de roses d’Alain Passard imitée des milliers de fois. Finalement, la cuisine populaire n’aura jamais été autant tendance que depuis ces 5 dernières années.

Crédit photo : Silvia Santucci pour 750g

 

Par Pascale Weeks. Mieux connaître Pascale

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger : ReseauxSociauxEtCuisinePopulaire_PWeeks_OCPop

Partager en un clic

C.DuhamelChristophe Duhamel interviewé par Eric Roux.

Le site Marmiton.org existe depuis 16 ans. A ses débuts, agrégateur de recettes de particuliers, il s’est enrichi aujourd’hui de nombreuses rubriques, de services et de contenus. Chaque jour, c’est environ un million de personnes qui viennent visiter marmiton.org avec des pointes, comme pendant la période de Noël à un million six cent mille connexions. Ces utilisateurs à 85% vivant en France sont aussi des belges et des suisses francophones, des maghrébins, des africains, sans oublier les français expatriés.

Nous avons demandé à Christophe Duhamel, créateur de marmiton.org, si son site avait pour vocation à être formateur et à transmettre la cuisine populaire.

OCPop : Lors de la création de marmiton, avez-vous espérez tisser le lien d’une transmission culinaire rompue?

Christophe Duhamel : «L’idée de marmiton au départ était de permettre aux personnes qui n’ont pas eu la chance d’apprendre à cuisiner avec leurs parents ou leur grands-parents, de retisser le fil de la transmission culinaire.

On a fait le constat que de nombreuses familles ne cuisinaient pas ou plus, notamment à cause de parents accaparés par leur travail. Si vous saviez le nombre de personnes qui ne savent pas cuire un œuf ou même se faire un plat de pâtes !»

OCPop : Pourquoi les gens viennent-ils sur Marmiton? 

C. D : « Au début, on se connectait à marmiton.org principalement pour chercher des recettes. Peu à peu, nos utilisateurs sont venus pour avoir des contacts via notre forum, engager des conversations sur la cuisine et parfois même organiser des rencontres entre passionnés de cuisine. Puis, la plateforme s’est enrichie. Au-delà des recettes, ce sont des astuces, des méthodes à partager, des variantes personnelles que les internautes sont venus chercher. Cette émulation a permis de créer une plateforme de pratiques culinaires qui s’est enrichi des commentaires des uns et des autres. »

« Nos lecteurs recherchent avant tout de nouvelles idées pour renouveler la cuisine du quotidien même s’ils viennent aussi de temps en temps chercher de quoi réaliser des repas d’exception.

La recette la plus demandée, par exemple début janvier, c’est la galette des rois. Pour les desserts, ce sont évidemment les gâteaux au chocolat et ensuite les tiramisus. Concernant les plats salés, c’est la blanquette qui arrive en tête, suivie par les recettes de filets mignons et les lasagnes. Globalement nous avons plus de recettes sucrées que de recettes salées. »

« Ce qui est intéressant, ce sont les manières de faire, les usages, les goûts et les pratiques qui sont extrêmement variés suivant le profil social et culturel des personnes qui les déposent. C’est d’ailleurs la marque de fabrique de marmiton.org : mettre à disposition des recettes réalisées par des gens normaux, pour des gens normaux. C’est pourquoi nous pouvons dire que marmiton offre un témoignage concret et réel de la cuisine quotidienne des Français.

La cuisine métissée est par exemple très présente, particulièrement les plats venus d’Afrique et du Maghreb. »

OCPop : Existe-t-il des utilisateurs types de marmiton? 

C. D : « Il existe deux profils types d’utilisateurs de marmiton, qu’il s’agisse des utilisateurs ou des passeurs :

  • Un public plutôt féminin et « foodista », entre 20 et 30 ans, qui réalise ses propres créations répondant à l’air du temps.
  • Un public entre 40 et 60 ans, davantage ancré dans le partage de recettes familiales.

Ces deux publics et ces types de recherches sont pour nous très représentatifs de la cuisine populaire aujourd’hui. Nous n’avons pas voulu intégrer de recettes de chefs car ce qui nous intéresse depuis la création du site, c’est la cuisine pensée et réalisée par des non-professionnels. »

« En fait marmiton c’est un peu la Francoise Bernard des temps modernes, à ceci près, que notre cuisine est plus diversifiée. Nous recevons parfois des recettes en alexandrins ou des romans-photos culinaires. Nous sommes un peu le dépositaire de la cuisine populaire d’aujourd’hui, une sorte de banque où les cuisiniers amateurs rangent chacun leurs petits fragments de cuisine quotidienne. »

Tous nos contenus sont libres de droits. PDF à télécharger:PartagerEnUnClic_CDuhamel_OCPop

 

Cuisine & réseaux sociaux

 

Par Pascale Weeks. Mieux connaître Pascale

 

 

 

Avant, quand on ne savait pas cuisiner, que l’on cherchait une idée ou que l’on avait besoin d’un conseil, il y avait nos mères, nos grands-mères, les livres de cuisine ou nos copines qui pouvaient nous aider.

Ça, c’était avant …

Photo_Cuisine&RéseauxSociauxC’est en 99, quand nous avons eu l’ADSL à la maison que j’ai commencé à me servir d’internet pour trouver des idées de recettes sur les sites de cuisine et leurs forums.

Le partage de la cuisine sur Internet a débuté avec les forums de cuisine liés aux grands sites, comme Marmiton créé en 1999 et Supertoinette en 2001. Il suffisait de poser une question comme « Vous faites quoi à manger ce soir ? », « Que faire avec ma botte de poireaux ? », « Où trouver du sucre perlé pour faire mes chouquettes ? » pour avoir une réponse dans le quart d’heure qui suit. Ces forums ont d’ailleurs créé de vraies communautés encore actives aujourd’hui.

Et puis sont arrivés les blogs, à partir de 2004 en France, formidable outil de partage de la cuisine populaire.

Aujourd’hui, les sites, les forums et les blogs ne sont plus seuls sur le terrain. En 2013, il est difficile de parler de cuisine sur Internet sans prendre en compte les réseaux sociaux, de plus en plus nombreux.

Les plus gros réseaux sociaux qui traitent aujourd’hui de cuisine sont Twitter, Facebook, Instagram, FoodReporter et Pinterest, le dernier né qui est en passe de devenir la star des réseaux sociaux.

Comment ça marche ?

Facebook

Sur son profil personnel, on partage des liens et des photos vers des recettes, les siennes si l’on a un blog de cuisine ou celles des autres trouvées au hasard de nos pérégrinations. On peut aussi partager des adresses de restaurants, de boutiques, etc. Le partage s’accompagne le plus souvent d’une photo et d’un avis personnel.

Les marques, les sites ou les blogs de cuisine ont aussi leur page Facebook sur lesquelles on trouve des liens vers des recettes. Il suffit de « liker » une page pour accéder à son contenu et pouvoir ensuite le partager avec ses amis sur Facebook. C’est amusant de voir que les idées, grâce à Facebook, circulent de plus en plus rapidement. Elles engendrent parfois des modes furtives, comme les Zebra Cakes (sorte de cake marbré à l’anglo-saxonne), les pains ou les brioches à effeuiller, etc. qui sans les réseaux sociaux auraient mis beaucoup de temps à traverser la Manche ou l’Atlantique.

Twitter

140 caractères pour partager des informations dans son domaine de compétence ou de prédilection avec ceux qui vous suivent (les followers). Pour les passionnés de cuisine qui suivent d’autres passionnés, il suffit de lire son fil d’actualité (timeline) pour y découvrir des liens vers des recettes, un avis sur un restaurant, un produit tout juste découvert, les discussions en temps réel lors du passage d’une émission culinaire, etc.

C’est un formidable outil pour suivre les saisons, découvrir de nouvelles cuisines, des tendances, les nouvelles ouvertures de restaurants, de boutiques ou de bars et les nouveautés en livres de cuisine et magazines.

Instagram

Avec ce réseau social, on partage des photos ou des vidéos avec un texte court. Il se positionne sur l’instantané et le partage sur le vif. Instagram n’était d’ailleurs disponible que sur les smartphones jusqu’en 2012. Dans le domaine culinaire, on va y partager ce que l’on est en train de cuisiner, de manger à la maison ou au restaurant. Seules les personnes abonnées à votre profil peuvent voir ce que vous partagez.

Food Reporter

Il s’agit d’un réseau social qui permet de partager les photos de ce que vous mangez à la maison et au restaurant. Vous avez la possibilité de suivre des utilisateurs et d’être suivi. Ceux qui vous suivent peuvent ajouter des « miam » à vos photos ainsi que des commentaires. Disponible au départ uniquement sur les Smartphones, il existe aujourd’hui un site FoodReporter.

Pinterest

C’est le dernier né puisqu’il est arrivé uniquement en 2010.

Il est le plus axé sur le visuel. Chaque utilisateur, en surfant sur internet peut épingler (Pin) une image d’un site, soit avec un bouton (Pin it) à intégrer à son navigateur ou intégré directement sur les sites et les blogs ou bien directement depuis Pinterest grâce au bouton Add.

Les images sont épinglées dans des tableaux thématiques créés par chaque utilisateur. Chaque image peut avoir une légende et quand on clique sur le bouton « website », on arrive sur la recette ou sur l’article sur un site ou sur un blog.

Dans le domaine culinaire, c’est un peu l’équivalent du classeur à intercalaires dans lequel on mettait les recettes déchirées au fil du temps dans un magazine.

Les tableaux de Pinterest sont souvent très beaux car on ne voit que des photos plutôt qualitatives.

A mon sens, c’est certainement le réseau social qui est le plus inspirant en cuisine et qui fait voyager les nouvelles idées à la vitesse de l’éclair.

Et vous, utilisez-vous les réseaux sociaux pour partager votre cuisine ?