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Baravane, par le collectif mit

Retrouvez chaque semaine sur le site de l’OCPOP un projet culinaire original au croisement de la street food et des nouveaux modes d’appropriation de l’espace public, extrait du mémoire d’Audrey Harlange.

StreetFood1La Baravane est une structure nomade conçue par le collectif d’architectes nantais MIT, auquel le jury du concours Minimaousse[1] organisé par la galerie VIA a décerné la mention « audace et performance ». Créée à l’origine pour répondre au besoin d’un bar destiné au festival Architectonik[2], cette caravane d’apparence ordinaire – si l’on fait abstraction de la couleur rose – se scinde en deux parties, laissant apparaître un comptoir à hauteur de coude ainsi qu’un espace banquette. Au milieu de ces éléments se dessine un espace d’expression et de convivialité qui se prête tantôt à des échanges autour d’un verre ou d’un petit déjeuner, tantôt à des happenings et des performances, comme dans le cadre du festival Estuaire[3], réunissant divers projets de micro architecture.

Pour en savoir plus : http://collectifmit.fr/

A PROPOS DE L’AUTEUR – Coordinatrice du projet artistique Kollisions partagé entre Bruxelles et Berlin, Audrey Harlange porte depuis longtemps un intérêt prononcé pour les pratiques éphémères. Elle se met à explorer l’aliment comme médium artistique et entame en 2013 un master en design culinaire à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.  Après un travail de fin d’études et une première publication consacrés au street art, à la street food et aux nouveaux modes d’appropriation de l’espace public, elle crée le collectif Frisko en collaboration avec une artiste et chef originaire du Japon, Suzuna Yamashita. Suivant une approche fusion, mêlant souvent traditions culinaires japonaises, nouvelle gastronomie européenne et street food, elles réalisent, sous le nom de ‘food tailors’, des installations spécifiques et des performances ‘sur mesure’ pour différents collectifs d’artistes et lieux d’exposition – Spores insideout/Compagnie L’Indiscrète, Tetra/Centre culturel Jacques Franck, Les espèces altérées/La Ruche,…

 

The dumpling express, par something fantastic

Retrouvez chaque semaine sur le site de l’OCPOP un projet culinaire original au croisement de la street food et des nouveaux modes d’appropriation de l’espace public, extrait du mémoire d’Audrey Harlange.

The Dumpling Express est un dispositif mobile fonctionnant à l’énergie solaire créé par un collectif de quatre architectes établis à Dumplingexpress1Berlin. Ses concepteurs, Something Fantastic, l’envisagent comme un « acte de propagande qui éveille un désir d’explorer de nouveaux procédés culinaires et de rendre les rues de la ville vivantes »[1]. A la fois high-tech et low tech, ce dispositif emploie une ressource naturelle existante et permet de cuisiner sans utiliser de combustibles fossiles comme le charbon, ni d’électricité.

Le collectif le considère comme la « manifestation 1:1 de leur vision de l’architecture du futur »[2].

  1. Le push-cart présente un réflecteur parabolique d’un mètre de diamètre
  2. … ainsi qu’un module, constitué d’une armature en bois et de panneaux en acier et contreplaqué, pouvant faire office de petit bar à sauces lorsque le couvercle est déplié…
  3. … le tout est monté sur un tricycle de seconde main.
  4. Le dispositif est directement opérationnel. Les beignets préparés minute peuvent s’accompagner de condiments chinois et de sauces.

DumplingExpress2A. Le réflecteur parabolique concentre la lumière du soleil sous la casserole. La vapeur qui s’en dégage monte, passe au travers de paniers de cuisson et optimise la cuisson des beignets.

B. Le cuiseur est parfaitement aligné sur le soleil lorsque la vis située sur le cadre pointe en sa direction et ne projette aucune ombre. Un axe de rotation permet d’ajuster son orientation verticale et, il suffit de déplacer le vélo pour modifier sa position horizontale.

C. La position du cuiseur solaire doit être réajustée toutes les dix ou vingt minutes selon les saisons.

D. Les beignets chinois (Jiaozi, Baozi) sont faits à partir d’une pâte à ravioli ou de pâte levée. On peut les farcir de viande, de crevettes, de tofu et de toutes sortes de légumes. C’est une alternative saine et gourmande qui peut s’apprécier tout au long de la journée. Vu qu’ils ne requièrent pas une préparation élaborée, les Jiaozi et Baozi s’inscrivent dans un registre street food.

 

Pour en savoir plus : http://somethingfantastic.net/#

 

A PROPOS DE L’AUTEUR – Coordinatrice du projet artistique Kollisions partagé entre Bruxelles et Berlin, Audrey Harlange porte depuis longtemps un intérêt prononcé pour les pratiques éphémères. Elle se met à explorer l’aliment comme médium artistique et entame en 2013 un master en design culinaire à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.  Après un travail de fin d’études et une première publication consacrés au street art, à la street food et aux nouveaux modes d’appropriation de l’espace public, elle crée le collectif Frisko en collaboration avec une artiste et chef originaire du Japon, Suzuna Yamashita. Suivant une approche fusion, mêlant souvent traditions culinaires japonaises, nouvelle gastronomie européenne et street food, elles réalisent, sous le nom de ‘food tailors’, des installations spécifiques et des performances ‘sur mesure’ pour différents collectifs d’artistes et lieux d’exposition – Spores insideout/Compagnie L’Indiscrète, Tetra/Centre culturel Jacques Franck, Les espèces altérées/La Ruche,…



[1] http://somethingfantastic.net/# Citation originale: « a propagandistic ruse within the cityscape that creates a desire for a modern way of cooking and a more lively street scene. »

[2] http://somethingfantastic.net/# Citation originale: « 1:1 Manifestation of how Something Fantastic thinks future architecture should be. »

De nouveaux horizons culinaires – hybridations et activisme

Retrouvez chaque mois sur le site de l’OCPOP un projet culinaire original au croisement de la street food et des nouveaux modes d’appropriation de l’espace public, extrait du mémoire d’Audrey Harlange.

Retrouvez également dans le dossier « Restaurant populaire » tous les exemples répertoriés sur la street food.

StreetFood2L’espace public se repense, se remanie, se réinvente. La ville devient le creuset d’aménagements vivants qui suscitent des interactions communautaires et valorisent des lieux de vie collectifs. Terrain privilégié de toute une génération d’artistes, elle donne lieu à des formes d’appropriation qui dénotent un certain activisme et préfigurent de nouveaux usages de l’espace public.

Témoignant d’une ‘fonctionnalité augmentée’ de l’art, de son engagement social et démocratique, ces interventions rejaillissent positivement sur le quotidien des citadins comme sur la perception et l’image de la ville. City mine[1], un réseau actif notamment à Bruxelles et Berlin et composé de jardiniers urbains, bricoleurs, urbanistes, cuisiniers, etc, considère la créativité comme un moyen de rendre la vie quotidienne de la ville plus agréable.

A mesure que l’espace public s’investit et se ‘multidimensionnalise’, les pratiques artistiques s’ouvrent et s’hybrident. L’évolution du collectif EXYZT, composé au départ d’architectes uniquement, traduit entre autres cette orientation nouvelle. Rassemblant aujourd’hui graphistes, constructeurs, photographes, jardiniers, vidéastes et cuisiniers, il défend l’idée que l’architecture s’envisage comme « un outil ou un véhicule qui invite les compétences et les savoir-faire d’une société pour déclencher et expérimenter d’autres formes d’habiter et construire ensemble »[2].

Il se crée davantage de ponts entre les pratiques. Arts plastiques, urbains, architecture et ‘arts de la subsistance’ se croisent et s’enrichissent mutuellement, donnant à voir des dispositifs autonomes, nomades et insolites qui se déploient dans l’espace public.

Différents projets, présentés pour certains lors de l’exposition « Ma cantine en ville »[3] à la galerie VIA[4] (Paris), reflètent à mon sens ce brassage et les ‘interférences constructives’ qu’il génère.

Au-delà du désir de reconquérir l’espace public et de lui attribuer des saveurs et des odeurs, ces créations soulèvent intrinsèquement la question de « comment se nourrir en ville, mieux et de manière responsable? »

Dans un contexte agité par la crise économique, les désordres environnementaux et les scandales générés par l’industrie agro-alimentaire, une vague de réflexion autour des moyens de subsistance s’est propagée, entraînant l’éclosion de nombreux actes et projets engagés.

De la même manière qu’un désir accru de reprendre possession de l’espace public et de renouer avec des formes de convivialité se manifeste, il s’exprime une volonté d’autant plus forte de retrouver une maîtrise et un contrôle de sa nourriture.

L’urban farming (agriculture urbaine) est une pratique initiée à Détroit – une shrinking city désertée suite à la crise automobile – qui a fait naître dans son sillon toute une série d’initiatives et de mouvements activistes qui prônent la biodiversité en ville et l’amélioration du cadre de vie. Des initiatives qui permettent à chacun d’agir sur son environnement à travers un acte poétique et de participer à la construction commune de ‘cultures partagées’.

Dans les creux de la ville comme dans des lieux d’abord dénués de vie et d’intérêt, des végétaux s’immiscent, des tuteurs se dressent, des jardins potagers se créent. L’espace public se perçoit dès lors comme un patrimoine collectif dont chacun est responsable.

L’auteur a dressé un panorama d’initiatives de ce type, chacune s’inscrivant dans une démarche solidaire et sensible; les unes mettent en scène des pratiques alimentaires alternatives et réapprivoisées, tandis que d’autres, trouvant leurs origines dans le garden city mouvement (mouvement des cités‐jardins)[5], l’urban farming ou le guerrilla gardening – un mouvement qui suit une dynamique similaire de réappropriation de l’espace urbain – sensibilisent à la préservation de la biodiversité en ville comme à un accès pour tous à des ressources alimentaires de base.

 

A PROPOS DE L’AUTEUR – Coordinatrice du projet artistique Kollisions partagé entre Bruxelles et Berlin, Audrey Harlange porte depuis longtemps un intérêt prononcé pour les pratiques éphémères. Elle se met à explorer l’aliment comme médium artistique et entame en 2013 un master en design culinaire à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.  Après un travail de fin d’études et une première publication consacrés au street art, à la street food et aux nouveaux modes d’appropriation de l’espace public, elle crée le collectif Frisko en collaboration avec une artiste et chef originaire du Japon, Suzuna Yamashita. Suivant une approche fusion, mêlant souvent traditions culinaires japonaises, nouvelle gastronomie européenne et street food, elles réalisent, sous le nom de ‘food tailors’, des installations spécifiques et des performances ‘sur mesure’ pour différents collectifs d’artistes et lieux d’exposition – Spores insideout/Compagnie L’Indiscrète, Tetra/Centre culturel Jacques Franck, Les espèces altérées/La Ruche,…

[1] Pour en savoir plus : http://www.citymined.org/

[2]«  Par qui et comment se construit la place publique?”, De l’aire, 2009-2012 http://www.delaire.eu/coordination-de-projets/sur-la-place-publique-vercors

[4] Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement http://www.via.fr/

Vivre dans la rue à Nice, cuisine et récupération alimentaire

VivreDanslaRue_Biblio_GaspillageAlimentaireVivre dans la rue à Nice, cuisine et récupération alimentaire», coll. récits et fictions Terrain, Amandine Plancade, L’Harmattan éd, 2013.

Amandine Plancade, docteur en anthropologie, a réalisé une enquête ethnographique remarquable sur la récupération alimentaire auprès des habitants d’une cabane installée rue des Ponchettes à Nice. A lire à tout prix, comme un éclairage différent dans le cadre de notre dossier consacré au gaspillage alimentaire.

Extrait : «Ce décalage entre le moment du don et celui de sa consommation marque la volonté d’attendre et de préparer son repas. En effet, si tous les aliments donnés sont acceptés, ils ne sont pas pour autant consommés sur le champ. Le délai entre l’obtention d’un produit et sa consommation porte une signification qui se matérialise dans l’opération de transformation par les habitants du produit en aliment consommable par eux. A la cabane, en dehors de la récupération sur le marché, les habitants ne peuvent guère choisir les denrées qu’ils consommeront. Malgré le peu de possibilités, ils privilégient toujours les plats qui nécessitent une préparation

Contenus libres de droit. PDF à télécharger : ERoux_GaspillageAlimentaire_Bibliographie

Exposition Cookbook : L’Art et le processus culinaire

Jusqu’au  09/01/2014.

Non, il ne s’agit pas d’une exposition sur les livres de cuisine ! Mais d’une exposition explorant  les rapports entre création  culinaire et  création artistique.

Le Palais des Beaux-Arts de Paris, galerie d’exposition de l’école des Beaux-Arts, a invité vingt des plus grands chefs français et étrangers à créer une œuvre d’art à partir de leur travail créatif en cuisine, dans le cadre d’une exposition intitulée « Cookbook, l’art et le processus culinaire » . En parallèle des artistes contemporains exposent leurs œuvres liées à la cuisine et au repas.

« Comment peut-on traduire la créativité culinaire dans une exposition ? » interroge Nicolas Bourriaud, directeur de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts.

« En France, on considère tellement la cuisine comme une culture qu’on a du mal à la voir comme un art », considère le directeur et commissaire général de l’exposition.

Comme le cinéma dans les années cinquante, la cuisine bénéficie aujourd’hui d’une « politique des auteurs » et d’une critique capable d’en déchiffrer les motifs et les enjeux.

L’enjeu principal de l’exposition: situer la création culinaire dans le champ culturel contemporain. Au‐delà d’une énième illustration des rapports entre l’art et la cuisine, montrer que tous deux partagent aujourd’hui des problématiques communes.

« Cookbook » fait aussi entrer la cuisine au musée…. !

C’est où ?

Au Palais des Beaux-arts de Paris
13 quai Malaquais
75006 Paris

Ouverture du mardi au dimanche de 13h à 19h
Prix du billet : 7.5€ ‐ gratuit pour les moins de 18 ans
Métro Ligne 4 : Saint‐Germain‐des‐Prés.

http://www.beauxartsparis.com

 

Cookbooket sinon procurez-vous le livre !

328 pages, 38 euros

Editeur : ENSBA (23 octobre 2013) – Collection : BEAUX-ARTS DE Paris

ISBN-13: 978-2840564065

Cuisine de rue : un concours, une expo, un livre….

Par Diane Galland. Mieux connaître Diane

 

 

La street-food a le vent en poupe si on en juge par l’explosion des food trucks ou cantines mobiles éphémères…! On semble la redécouvrir, les chefs, même étoilés s’en emparent! Et pourtant,  de tous temps et partout, on mange dans la rue. Ce n’est pas nouveau !

En Asie, en Europe, en Amérique… Quels que soient les moyens utilisés : à même le sol, sur des brouettes, barques, camionnettes… ; il existe de par le monde une multitude de cuisines mobiles.

Une exposition intitulée « Ma cantine en ville » et menée en partenariat avec le VIA (valorisation de l’innovation dans l’ameublement), l’école supérieure du bois de Nantes (44) et Quick a permis de découvrir jusqu’à décembre 2013 un panorama mondial  en photos et dans 140 villes des pratiques actuelles de restauration de rue : New York, Hanoï, Berlin, Londres…roulotte

remorquesDes images montrant la variété des cantines (brouettes, tricycles,remorques…)  exposant les conditions nécessaires (formalités administratives, climats, réglementations sanitaires, capacités d’accueil de l’espace public).

Parallèlement, on découvrait des créations originales et innovantes émanant d’étudiants sur le thème de la cuisine de rue, résultat de la 5e édition du concours Minimaousse, lancé en 2012 auprès des écoles françaises d’architecture, de design, d’art, d’ingénieur et de paysage devant répondre à une question : «Comment nourrir et se nourrir dans la densité et l’extension infinie de nos villes, et comment faire pour que ces moments soient facteurs de sociabilité?» en imaginant  une petite structure pouvant assurer un maximum de fonctions culinaires: un dispositif, «objet hybride entre meuble, véhicule et architecture».  400 dossiers reçus, 30 projets sélectionnés. Ils étaient  présentés et mis en scène, sous la forme de 5 prototypes (5 lauréats) et 25 maquettes, à la Cité de l’architecture et du patrimoine.

livre

 

Il est trop tard pour voir cette exposition, mais vous pouvez vous procurer son livre ! Car le concours  a fait l’objet d’une publication originale, à se procurer impérativement aux Editions alternatives – Paru le 31 octobre 2013,  25 € ISBN : 978-286227-807-0